William Shakespeare disait : “What’s in a name? That which we call a rose, by any other word would smell as sweet.” On peut se poser la question pour les “versions” d’internet. Web 1.0, 2.0 ou … 3.0.
Il s’agit là d’une interprétation des « révolutions» générationnelles qui jalonnent l’évolution d’Internet. Ces révolutions sont décrites du point de vue de l’interactivité et de la conduite du contenu. D’autres bloggeurs, bien plus documentés que moi, en ont fait l’historique sur de multiples blogs.
Je ne citerais simplement que celui de François Planque :
- Web 0.1 : Le web est inventé par une communauté de scientifiques afin de partager efficacement de l’information, notamment leurs travaux de recherche. Ce web là aurait franchement mérité l’appellation de 1.0 … mais l’appellation populaire en aura décidé autrement …
- Web 0.9 : Les universitaires font évoluer le web de telle sorte qu’il devient possible d’afficher des images et introduisent une forme d’interactivité avec les formulaires. Malheureusement, même ce web là, n’aura pas eu droit à l’appellation 1.0 …
- Web 1.0 : Les entreprises découvrent le web et le potentiel de croissance qu’il renferme. Elles développent des sites énormes, pleins de GIFs animées et de contenus acquis à prix d’or. Tout ça numérisé à la va-vite. Le “paiement sécurisé” est vu comme la clef de tous les problèmes.
- Web 1.5 : Après l’éclatement de “la bulle”, seuls subsistent les sites webs avec un business plan vaguement rentable. Les sites les plus délirants disparaissent. Des sites aussi moches et pas pratiques que eBay prospèrent… justement parce qu’ils ont trouvé la formule de la rentabilité (et ça n’a visiblement rien à voir avec la prouesse technique !)
- Web 2.0 : C’est la grande tendance du moment. Enfin ça fait même un certain temps déjà. Les sites web mettent à profit les contributions de leurs visiteurs/utilisateurs pour enrichir leur contenu. Amazon est reconnu comme un précurseur. Ironiquement, en France, c’est la fnac avec son site à peine sorti du web 1.0 qui fait référence. (Exception culturelle?) Mieux encore: certains sites exploitent le contenu disponible et distribué sur le web. On pense à Technorati, mais le vrai précurseur c’est probablement Google.
Ainsi, lorsque seuls des spécialistes/techniciens oeuvrent pour la survie du réseau, on qualifie ce dernier de Web 0.x. Lorsque le grand public a accès au réseau, mais que seuls les spécialistes (webmestres, programmeurs, initiés) contribuent à la structure (sites), on appelle cela le Web 1.x. Par contre, dès lors que le grand public contribuent aussi au contenu (textes, images, etc…) on parle de Web 2.0.
Enfin, lorsque les internautes participeront autant à la structure qu’au contenu, on devrait passer à la nouvelle version du Web : le Web 3.0.
Et là je m’interroge : Parle-t-on vraiment d’évolution technologique ?
Aujourd’hui, l’évolution technologique est dans le matériel/support (téléphones, caméras, PC, etc…) et dans le traitement des données (surtout l’image et le son). L’interactivité tant décrite comme moteur de l’évolution d’Internet est, quant à elle, liée à une évolution des technologiques de l’équipement : le haut débit !
Si l’interactivité passe aujourd’hui par l’image (YouTube), c’est grâce et uniquement grâce à la pénétration commerciale du haut débit. Les technologies de traitement d’images existent depuis la fin des années 70 (et sûrement avant). Les logiciels ont certes progressé, se sont simplifiés et ont gagné en fiabilité, mais on ne parle pas de « révolutions » technologiques. Il s’agit d’une maturation naturelle que l’on trouve partout lorsqu’un marché s’agrandit.
Aujourd’hui, les réelles différences entre les différentes générations du web sont commerciales. Il y a les sites-référence, qui « fonctionnent » commercialement (Amazon, eBay, Google) et les autres. Ces derniers n’ont pas d’avantage technologique, mais plutôt une mise en œuvre de la technologie tournée vers le « public », pour offrir de réels services commerciaux.
Ainsi, ma définition des évolutions d’Internet est purement commerciale :
- Web 0.1 : Le web ne sert qu’à une communauté de scientifiques afin de partager efficacement des informations techniques. Commercialement inutile. Il ne mérite pas une appellation de 1.0.
- Web 0.9 : Les universitaires font évoluer le web de telle sorte qu’il devient possible d’afficher des images et introduisent une forme d’interactivité avec les formulaires. Malheureusement, il est toujours réservé à trois experts et demi dans le monde et commercialement ne sert à rien. Exit l’appellation 1.0.
- Web 1.0 : Les entreprises développent des sites énormes, pleins de GIFs animées et de contenus. C’est bien parti commercialement excepté le paiement sécurisé qui freine l’évolution commerciale. La publicité sur Internet est par contre très en vogue et fonctionne. C’est le vrai début d’Internet : web 1.0 est né !
- Web 1.5 : Les sites web avec un système d’affaire rentable progressent et pavent la route pour les autres. Les sites les plus délirants disparaissent. C’est bien une évolution commerciale du précédent. Cela reste des sites Web 1.0, mais plus fonctionnels en terme de service-client. OK pour une appellation 1.5.
- Web 2.0 : Là on est en post-krach boursier sur les valeurs technologiques qui entraîne un recentrage économique et une réelle redéfinition du rôle social et commercial d’Internet. Amazon est reconnu comme un précurseur, mais le vrai précurseur c’est probablement Google, avec un service de distribution de l’information qui n’existait pas avant grâce à une réelle réflexion de la valeur ajoutée d’un tel service (par rapport aux moteurs déplorables de la génération Lycos …)
On est ici dans une logique d’appellation plus cohérente que celle basée sur la technologie. D’ailleurs, je prédis une surenchère des appellations dans les années à venir : 3.0, 4.0, 5.0… 9.0 ??? Cette tendance s’arrêtera, comme les OS avec des noms comme Web Lionceau ou Web Littlehorn.
Notre bon vieux Shakespeare se serait sûrement exclamé : “What’s in a number? That which we call 2.0, by any other number would smell as sweet.” Qu’en dites-vous?
- Déjà le web 3.0 ?!
- Le web 2.0 : De nouveaux services web ?
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- Le référencement en web 2.0
- Webcom 2009: Le Devoir, un journal à contre-courant







































Guillaume a dit le 9 janvier 2007 à 20:45 :
Jamais je n’aurais pensé que tu impliquerais Shakespeare dans tout ça! Le gars doit être en train de se retourner dans sa tombe - et il est bien chanceux, il n’a pas à se casser la tête avec les bonnes appellations du Web!