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Publié par Olivier le 05/02/2008 à 15H00 sous Design Web

MARQUE (de fabrique, de commerce ou de service) n.f.: signe, nom servant à distinguer les produits d’un fabriquant, les marchandises d’un commerçant ou d’une collectivité.

FICTIF, IVE adj.: Créé par l’imagination.

ACME catalog

Sachant que le premier épisode du duel entre Wile E Coyote et le Road Runner date de 1949, on peut affirmer que trois générations de spectateurs ont grandi à l’ombre des produits ACME!

Malgré son catalogue impressionnant (et loufoque), ACME n’est que la pointe de l’iceberg: les marques fictives, créées pour les besoins d’une œuvre de fiction, sont nombreuses. À l’égal des personnages, ces marques, logos, produits et compagnies, empruntent leurs attributs au monde réel en permettant toutes les distorsions propres à la fiction. Attention, je ne parlerai ici ni des parodies de marques , ni du placement de produit dans les œuvres de fiction.Pour le plaisir, voyons à quoi ressemble le branding fictif

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ACME

ACME

Secteur : produits en tous genres (fusées, véhicules, déguisements, enclumes, armes et autres gadgets)
Vu dans : les Looney Tunes , Who Framed Roger Rabbit?
Supports du logo : catalogues, notices et produits
Branding : grave manque de cohérence visuelle, dû au monopole absolu de ce fournisseur!
+ ACME en vidéo

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Big Kahuna Burger

Big Kahuna Burger

Secteur : hamburgers hawaïens
Vu dans : les films de Quentin Tarantino (Pulp Fiction , From Dusk Till Dawn, Death Proof)
Supports du logo : boîtes et sacs de livraison
Branding : une laideur bourrative, typique des années quatre-vingt mais fidèle à l’équation junk food + surf + bande dessinée…
+ Big Kahuna Burger en vidéo

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Central Services

Central Services

Secteur : plomberie et services divers
Vu dans : Brazil
Supports du logo : papeterie, casquettes, publicités
Branding : imagerie vieillotte et claironnante: l’équation parfaite!
+ Central Services en vidéo

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Cyberdyne

Cyberdyne

Secteur : technologies de pointe, androïdes
Vu dans : The Terminator, Terminator 2, Terminator 3
Supports du logo : ordinateurs, bâtiments
Branding : légèrement futuriste pour 1992 mais franchement rétro pour 2020!
+ Cyberdyne en vidéo

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Daily Planet

Daily Planet

Secteur : presse écrite (quotidien)
Vu dans : Superman, Superman II, Superman III, Superman Returns, Smallville
Supports du logo : journal, bâtiment, véhicules
Branding : le classicisme de l’image n’excuse pas l’incohérence entre le logo du journal et celui qui surmonte la tour!

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Duff

Duff

Secteur : brasserie
Vu dans : The Simpsons, The Simpsons Movie
Supports du logo : canettes, bouteilles, caisses, t-shirts, casquettes, véhicules
Branding : remarquable effort de cohérence visuelle. La marque des vainqueurs, sans aucun doute.
+ Duff en vidéo

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Dunder Mifflin

Dunder Mifflin

Secteur : pâtes et papiers
Vu dans : The Office (la série américaine)
Supports du logo : papeterie, emballages, bâtiments, robes de chambre
Branding : gestion graphique meilleure que la gestion entrepreneuriale!
+ Dunder Mifflin en vidéo

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ENCOM

ENCOM

Secteur : intelligence artificielle (Master Control Program)
Vu dans : Tron
Support du logo : console d’ordinateur
Branding : bel effort de sobriété, mais reconnaissance en dessous de la moyenne…

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O.C.P. (Omni Consumer Products)

OCP

Secteur : produits de consommation courante, androïdes et armement
Vu dans : RoboCop, RoboCop 2, RoboCop 3, RoboCop, The Series
Supports du logo : machines, uniformes, bâtiments
Branding : design primitif et manque de continuité: on perd le public!
+ OCP en vidéo

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Pizza Planet

Pizza Planet

Secteur : pizza
Vu dans : Toy Story, Toy Story 2
Supports du logo : emballages, véhicules, bâtiments
Branding : image dynamique… qui devrait d’être appliquée d’urgence aux véhicules!

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Red Apple

Red Apple

Secteur : cigarettes
Vu dans : les films de Quentin Tarantino (Pulp Fiction, Kill Bill Vol. 1, Kill Bill Vol. 2, Four Rooms)
Supports du logo : paquet de cigarettes, affiches
Branding : original… mais trahissant les vertus stupéfiantes du produit

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Sienar Technologies

Sienar

Secteur : robots et vaisseaux intergalactiques
Vu dans : la saga Star Wars (I, II, III, IV, V, VI)
Supports du logo : vaisseaux
Branding : logo trop discret et sans continuité: ce n’est pas avec ça qu’on peut conquérir l’univers!
+ Sienar en vidéo

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Stay-Puft

Stay-Puft

Secteur : guimauves (marshmallow)
Vu dans : Ghostbusters
Supports du logo : paquet, mascotte
Branding : nom peu visible, mascotte qui fait peur aux enfants…
+ Stay-Puft en vidéo

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Weyland-Yutani

Weyland Yutani

Secteur : exploitation interplanétaire
Vu dans : Alien, Aliens, Alien³, Alien: Resurrection
Supports du logo : bâtiments, uniformes, vaisseaux
Branding : classique et facile à décliner: une valeur sûre!
+ Weyland-Yutani en vidéo

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Si l’exercice vous amuse, vous trouverez d’autres exemples de marques fictives ici et

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Publié par Olivier le 29/01/2008 à 13H32 sous Design Web

Voici la troisième partie de ma trilogie du logo éternel (ça vaut bien Le seigneur des anneaux, comme titre). Après avoir disserté sur la théorie, puis présenté des exemples, je termine avec quatre autres cas d’école.

McDonald’s

McDonald’s

On ne présente plus le roi du junk fast food. L’histoire commence en 1954, lorsque Ray Kroc, le spécialiste local du milk shake, s’associe à Dick et Mac McDonald, fiers tenanciers d’un comptoir à hamburgers. L’année suivante, Kroc – qui a les dents longues – ouvrira le premier restaurant McDonald’s à Des Plaines, Illinois. Le reste – ortune, expansion, mondialisation et malbouffe – appartient à l’histoire. Un demi-siècle et 23 000 succursales plus tard, McDo est toujours leader.

La première version du logo mettait en vedette une mascotte nommée Speedee, sorte de chef cuisinier sur Ritalin, symbole combiné de la gastronomie (sic!) et de la rapidité qui allait devenir la marque de commerce de la chaîne. Speedee disparaîtra progressivement, dévoré par l’approche kids first du clown Ronald.

En 1962, la nouvelle mise en forme du logo est due au crayon de Jim Schindler, suivant une recommandation des frères McDonald. Les célèbres arches dorées sont en effet un héritage des deux pièces architecturales sur lesquelles s’appuyait leur «walk-up hamburger stand». Sous un certain angle, le grand M jaune existait donc physiquement avant le logo!

La communication officielle fournit deux autres justifications au sujet des arches dorées. Premièrement, posséder une franchise McDo, c’est comme gérer une mine d’or. Deuxièmement, les arches forment un abri sous lequel il est bon de faire une pause. OK, les expressions «have a break» et «fast food» ne sont peut-être pas faites pour vivre ensemble, mais bon. N’empêche qu’officieusement, le logo offre l’image subliminale d’un duo de frites molles en format supersize.

À cette grosse lettrine éminemment reconnaissable s’ajoutera dès 1968 un cartouche rouge dont la forme évoluera avec les modes. Les lettres blanches du nom McDonald’s y trouvent leur place, d’abord sous la forme d’une demi-scripte assez datée, puis dans une police plus «corpo», visiblement inspirée de l’Helvetica. Dans ses pires moments, la typo pousse l’affront jusqu’à sectionner le grand M fédérateur…

Sous l’effet de son incroyable expansion, la compagnie a pris le parti de remanier et d’adapter son logo et son identité visuelle en fonction des tendances, des pays et même des promotions, avec comme constante le trio gagnant: les Golden arches, le fond rouge et la signature blanche. Nous avons là un des rares exemples de logos pouvant fonctionner sans le nom.

Michelin

Michelin

Issus d’une famille de constructeurs de machines agricoles, les frères André et Édouard Michelin fondent Michelin & Cie le 28 mai 1889 avec un plan d’affaire très clair: combiner les découvertes de l’Américain Charles Goodyear (le caoutchouc élastique), de l’Écossais Robert William Thomson (le pneu) et de l’Irlandais John Boyd Dunlop (la valve).

À l’Exposition universelle et coloniale de 1894, les deux frères regardent la pile de pneus entourée d’un papier blanc qui orne l’entrée de leur stand. À la blague, Édouard lance «s’il avait des bras et des jambes, cela ferait un bonhomme». En 1897, alors que le dessinateur Marius O’Galop leur propose des projets d’affiches, les Michelin tombent sur une esquisse destinée à une brasserie munichoise. On y voit un énorme buveur, une chope à la main, et les mots Nunc est bibendum (c’est-à-dire le moment est venu de boire). Le lien est trouvé avec le bonhomme en pneus, baptisé Bibendum en référence au slogan «le pneumatique boit l’obstacle», lancé par André lors d’une conférence à la Société des ingénieurs civils, en 1893. La nouvelle mascotte délaisse le bock de bière pour une coupe pleine de clous et de verre brisé. Santé!

Un beau cas de branding appliqué: jusqu’en 1917, les pneumatiques Michelin portaient des M sculptés sur la bande de roulement pour laisser leur marque sur les routes en terre battue!

Le diamètre des roues d’autos a diminué tandis qu’augmentait leur largeur; le physique de Bibendum a suivi le mouvement en adoptant des bourrelets plus épais et moins nombreux, tout en perdant son embonpoint et son cigare, jugés incompatibles avec la mission sportive de la marque.

Déclinable à l’infini, Bibendum n’a pas quitté le logo depuis un siècle. Par contre, la typo a connu de nombreuses métamorphoses, allant d’une calligraphie plutôt scolaire à la Frutiger Ultra Black utilisée aujourd’hui. La dernière refonte du logo par l’agence Carré Noir date de 1998 (centenaire de Bib) et combine des couleurs archiclassiques: noir, bleu Reflex et jaune.

Michelin est encore aujourd’hui le numéro un mondial du pneu et, en 2000, Bibendum est élu rien de moins que meilleur logo du siècle par un jury international.

Nike

Nike

Swoosh. Just do it. Success story. Retour en 1962, alors que l’ancien athlète Phil Knight fonde sa compagnie de chaussures de sport, Blue Ribbon Sports. Il s’associe ensuite avec son ancien entraîneur Bill Bowerman, et la première ligne de chaussures Nike est lancée en 1971. Avec ce nouveau nom apparaît le premier logo de Nike.

Nike est le nom de la déesse grecque de la victoire; les Grecs anciens disaient «quand nous combattons et vainquons, nous disons que c’est Nike». Si ce n’est pas de la motivation…

Symbolisant l’aile de la déesse, le premier logo est dû à l’inspiration de Carolyn Davidson, une étudiante en publicité alors en compétition avec 34 (!) autres graphistes pour le mandat d’image de la nouvelle compagnie. Elle racontera plus tard que Knight n’aimait pas sa création mais que, poussé par l’urgence, il l’avait retenue avec ce commentaire: «I don’t love it, but it will grow on me». Pour sa contribution, Davidson fut payée 35 $!

Malgré cet accueil un peu froid, la courbe qui allait être reconnue sous le nom de swoosh répondait au brief initial: simplicité, fluidité et vitesse. La première typographie utilisée pour les 4 lettres minuscules de nike était posée sur la courbe montante du swoosh, et principalement destinée à être appliquée sur les flancs des chaussures. Les couleurs initiales (noir et orange) laissent ponctuellement leur place à d’autres couleurs selon le contexte, un principe qui restera en vigueur.

Première refonte graphique en 1978: on dynamise légèrement la courbe et on renforce la marque par l’utilisation horizontale de capitales larges et italiques – larges pour l’impact, italiques pour le dynamisme.

1995 est une date charnière quand la marque, au sommet de sa reconnaissance, décide de débarrasser son logo du mot NIKE, une décision aussi brillante que risquée. Le swoosh gagne son autonomie et s’associe au slogan ravageur Just do it pour devenir le credo d’une génération pas particulièrement sportive, mais exceptionnellement friande de codes vestimentaires. Un filon inespéré.

Dans les années quatre-vingt-dix, les enjeux commerciaux poussent la déesse Nike à déployer ses ailes pour mener une guerre d’image contre Reebok et autres Adidas. L’aspect strictement sportif alimente la notoriété de la griffe grâce, entre autres, à l’utilisation d’un arsenal de superstars comme Michael Jordan, Tiger Woods, Andre Agassi, Maria Sharapova, Venus et Serena Williams.

Nike est maintenant un fournisseur complet d’équipement sportif, en recherche permanente de nouvelles niches. Phil Knight est toujours président du conseil de direction. Sa fortune personnelle s’élève aujourd’hui à 7,9 milliards de dollars.

UPS

UPS

En 1907 naît à Atlanta (Georgie) une compagnie de messagerie qui devra attendre 12 ans pour croître et se doter d’une véritable image. Cette qui ira loin s’appelle United Parcel Service.

C’est donc en 1919 qu’apparaît la première version du logo. Déjà très «officielle», elle exploite l’image d’un aigle tenant dans ses serres un colis sur lequel est écrit «Safe, Swift, Sure» (sécuritaire, rapide, fiable). Mais ce qui retient notre attention, c’est la présence de deux éléments qui vont traverser le temps: le bouclier et la couleur brune.

En 1937, alors qu’UPS fête ses trente ans, il est grand temps de faire figurer le nom de l’entreprise, ou plutôt l’acronyme, et de remplacer la symbolique graphique par des informations typographiques. Le bouclier est simplifié dans un style typiquement Art Déco, avec un linteau plat qui permet d’introduire un nouveau slogan: THE DELIVERY SYSTEM FOR STORES OF QUALITY. Au centre trône un UPS monumental – quoique minuscule – tandis que le bas s’orne d’un ruban héraldique qui souligne le trentenaire.

Il faudra attendre 1961 pour que Paul Rand, une sommité du graphisme sociétal (IBM, ABC, Westinghouse), reprenne le dossier. Il met ainsi en application sa vision du design: garder l’essence de ce qui existe et en exprimer le sens en lui donnant une forme à laquelle chacun peut s’identifier. On oublie le ruban et le slogan intégré, on épure, on structure, et on met l’impact sur le nom. La touche du designer s’exprime dans le haut du bouclier, transformé en un colis qui résume la vocation de l’entreprise. C’est ce qui s’appelle mettre le paquet! Ironiquement, le joli petit nœud du logo de Rand constitue un contresens: sur un colis, un tel appendice est simplement incompatible avec les machines automatisées qui trient les envois…

Il faudra attendre 42 ans pour que cette image accuse le poids du temps. C’est l’agence internationale Future Brand qui reprend le mandat à l’aube du XXIe siècle, avec en tête l’expansion et la modernisation. Le bouclier s’unifie et se dote d’un effet 3D très «Web 2.0». Les courbes de la typographie se simplifient et gagnent en puissance, donnant naissance à une police maison, la UPS Sans, dérivée de la Dax. Le paquet disparaît, remplacé par une courbe positive qui, combinée à l’effet de lumière, «suggère les qualités d’énergie et de proactivité à l’échelle mondiale». Autour de ce rafraîchissement d’image s’articulent un vaste plan d’identité et une expansion majeure des services technologiques.

Quant au fameux brun UPS, la légende raconte qu’il date des débuts de la compagnie, alors qu’il fallait choisir une couleur pour les véhicules. Jaune et brun ayant été retenus, l’un des associés fit remarquer que les wagons étaient toujours boueux et que le brun serait moins salissant!

UPS est aujourd’hui la plus grande compagnie de livraison au monde, ses clients la surnomment «le brun» et ses employés désignent toujours au logo sous le terme de «bouclier».

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Voilà qui démontre que les logos – même ceux qu’on croit éternels – obéissent eux aussi aux lois de l’évolution!

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Publié par Olivier le 29/11/2007 à 11H32 sous Design Web

Dans l’article précédent, je tentais de faire la part des choses entre la perception et la réalité lorsqu’on aborde la durée de vie d’un logo et le cas des logos «éternels».

Les quatre exemples suivants sont de véritables cas d’école, des logos qui ont traversé le temps grâce – entre autres – à une gestion intelligente de leur mise en forme. Penchons-nous sur leur histoire et voyons ce qu’ils ont à nous apprendre…

Coca-ColaCoca-Cola

Rude leçon d’humilité: le logo le plus connu au monde est du au talent graphique… d’un comptable! Frank Robinson était en effet le partenaire administratif du Docteur John Pemberton, le pharmacien d’Atlanta (Georgie) auquel on doit l’invention du célébrissime Coca-Cola. Pour l’anecdote, la naissance de la boisson gazeuse était due à la prohibition d’alcool en vigueur dans ces années-là. Ceci se passait en 1886, une époque où les tâches étaient tellement moins sectorisées qu’aujourd’hui que Robinson avait lui-même imaginé le nom Coca-Cola!

Soucieux de coller à l’air du temps, notre graphiste improvisé porte son choix sur la Spencerian, une scripte commerciale très populaire du milieu du XIXe siècle. Il déroule les deux C majuscules comme des rubans pour emballer son logo, une inspiration typiquement «art nouveau» qui traversera pourtant le temps. Au moment de l’enregistrement de la marque, en 1887, la mention Delicious and Refreshing est systématiquement associée au logo. Les deux premiers supports de la marque fraîchement dessinée sont une publicité imprimée dans le journal local d’Atlanta et une enseigne peinte au frontispice de la pharmacie Jacob’s.

Pour un logo, 121 ans, c’est presque l’éternité. Mais la création de Robinson n’a pas vécu sans que le dessin n’ait été sensiblement réajusté. Plus fluide, plus resserrée, ré-italisée, la calligraphie s’est bonifiée en gardant son caractère original. Autre fait à noter, le logo n’a pas toujours été rouge. Utilisée en signature, la scripte originale pouvait s’adapter à son environnement comme un caméléon graphique: en changeant de couleur. Les mentions du second plan se sont succédé, Delicious and Refreshing laissant sa place au mythique Drink, puis à une série de slogans éphémères, jusqu’à l’actuel Côté Coke de la vie (qui cible apparemment les cocaïnomanes)… La longue vague qui accompagne le logo depuis les années ’70 s’est démultipliée avant de disparaître lentement; mais elle est encore présente sur les bouteilles actuelles.

FedEx

FedEx

Le logo FedEx est sans doute le moins vieux des logos éternels! En effet, la compagnie d’expédition est née en 1973 sous le nom de Federal Express, son logo original étant dû à la plume de Richard Runyan. L’austérité du nom et du graphisme traduisaient les premières ambitions de la compagnie: devenir un leader national et décrocher des contrats gouvernementaux. Ici, pas de place pour la poésie!

Au début des années ‘90, l’activité de la compagnie bat son plein et la conquête de nouveaux marchés pousse la direction à entreprendre un repositionnement stratégique de la marque. Bye-bye Federal Express, hello FedEx: l’heure est aux raccourcis et à l’efficacité. En 1994, le nouveau programme de branding est confié à l’agence Landor Associates de San Francisco, et c’est le directeur de création Lindon Leader qui signe le nouveau logo. Disciple de la simplification des formes, le designer bâtit une image épurée sur une base de Century Black. Le Fed reste violet tandis que l’Ex change de couleur pour chacune des divisions, la plus connue étant l’orange d’Express.

Dès sa naissance, poussé par un fort vent de marketing, le logo fait sa place dans la culture graphique interplanétaire, se plaçant immédiatement dans la liste des 8 meilleurs logos des 25 dernières années, selon le magazine Rolling Stone. Le secret de son succès? Une sobriété exemplaire… combinée à une symbolique subliminale. Comment? Vous n’aviez pas remarqué la flèche blanche qui pointe vers la droite, exprimant – je cite – le dynamisme et l’intelligence?

Ford

Ford

Comme Coca-Cola, avec laquelle elle présente une certaine parenté (calli)graphique, la scripte de Ford a subi une série de liftings au cours de sa longue histoire.

Fondée par Henry Ford en 1903, la Ford Motor Company mêle intimement son histoire à celle de l’Amérique du XXe siècle. À l’origine, c’est l’aide–ingénieur de M. Ford qui fut chargé de mettre au monde le logo de la compagnie, et il s’en acquitta dans un style typiquement Art déco, à grand renfort d’ornements floraux. Le graphiste réfréna quand même son lyrisme en adoptant une typographie plutôt que la calligraphie qui allait plus tard populariser la marque. Limitée aux moyens de diffusion préhistoriques de l’époque, cette pièce graphique ne connaissait pour toute couleur que le noir de Chine.

Fatalement, la nécessité d’évoluer vers une sobriété plus industrielle se fit sentir. À l’aube de la Première Guerre Mondiale, l’arrangement floral des débuts fait place à la combinaison du triangle maçonnique et de l’aigle impérial: le ton est donné! Mais ce qu’on retiendra avant tout, c’est la fameuse scripte avec le F qui couvre les autres lettres comme la capote couvre l’auto.

Nouveau ménage visuel en 1928: la firme troque son encombrante symbolique contre la pureté d’une ellipse – non, ce n’est PAS un ovale! La couleur apparaît dans le logo: ce sera le bleu. Cette version restera inchangée pendant de longues décennies, et à partir de 1976, une version tridimensionnelle ornera chaque véhicule Ford.

L’année 2003 marque le centenaire de Ford et le lancement du «Centennial Blue Oval», une version du logo à forte saveur de 3D. L’observateur attentif notera un renforcement de la scripte: un dessin moins haut, des déliés moins fins, des courbes plus fermées.

Si le graphisme n’a pas changé, le logo a récemment fait l’objet d’un enjeu peu banal. En 2006, les pertes de Ford ont forcé la direction à chercher de nouveaux appuis financiers, et le logo bleu a permis de garantir le refinancement de 25,5 milliards de dollars!

IBM

IBM

Contrairement à une croyance «geek», le logo IBM ne date pas de la Renaissance! C’est en 1924 que la Computing-Tabulating-Recording Company, une des premières firmes de haute technologie de l’ère industrielle, adopte le nom de International Business Machines Corporation. Pour appuyer l’aspect International, le premier logo du nom prend la forme d’un globe terrestre dans une typographie sans sérif particulièrement moderne… pour l’époque.

Après quelques années – et une guerre mondiale – il est temps de donner une image plus dépouillée pour faire face à l’élargissement du champ des spécialisations. En 1947, on dit simplement «IBM», et l’imagerie ronflante fait place à une typo solide traitée en contours: une Beton Bold (j’avais bien dit solide)!

1956 marque le changement de génération: Thomas J. Watson Sr., confie les rênes de la compagnie à son fils Tom Watson Jr. On fait alors appel à une star du design graphique, l’incontournable Paul Rand. Amateur de sobriété, Rand délaisse le principe du contour et choisit une fonte plus large et plus géométrique dans laquelle les amateurs de typographie reconnaissent une Bodoni (1798!), mais qui est plus en fait une City Medium.

On ne change pas une équipe gagnante: c’est Paul Rand qui se voit confier la responsabilité de renouveler son propre design, en 1972. «Vitesse et dynamisme», lui souffle-t-on. Lignage horizontal, répond le design. Pour la première fois de son histoire, le logo adopte une couleur. Ce sera le bleu, qui lui vaudra le surnom de Big Blue. Rand, quant à lui, préférait visiblement Eye Bee M

En 2007, Paul Rand n’est plus là pour mettre le logo IBM à jour, il demeure inchangé depuis 35 ans.

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Dans un prochain épisode, je bouclerai ce tour d’horizon avec 4 autres logos universellement connus.

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Publié par Olivier le 31/10/2007 à 10H36 sous Design Web

Quand on se voit confier la création d’un logo et qu’on doit rassurer son client sur son investissement, la question de la durée de vie revient souvent. Il sera bon pour combien de temps, mon logo? En tant qu’expert, le graphiste se doit de donner une réponse plus précise que «ben, euh… ça dépend».

Les exemples qui surgissent dans l’esprit du néophyte sont généralement des logos universellement connus, ceux dont on pense qu’ils ont toujours existé tels que nous les connaissons. Pourtant, les logos sont comme vous et moi: ils naissent, vivent et meurent.

Voici quelques facteurs qui déterminent la pérennité d’un logo:

1. La fonction

Les logos ne naissent pas tous égaux: certains représentent une marque ou une institution, d’autres, un simple événement ou un produit dont la distribution est limitée dans le temps. Dans le premier cas seulement, on peut viser la durée.

2. La diffusion

Un logo est un investissement d’image, pas seulement en argent. S’il est voué à une large diffusion, s’il personnifie une grande marque, s’il veut rejoindre le patrimoine visuel de son public, il devra plaire, s’imposer, se montrer… et durer.

3. L’industrie

Corollaire de la diffusion, le type d’industrie, produit ou service, détermine l’ancrage du logo dans les consciences. Plus il est proche des individus, plus il fera sa place dans leur univers intime, et plus il devra créer une connivence. Le logo de vos bonbons préférés n’a probablement pas changé depuis votre enfance: demandez-vous pourquoi!

4. Le facteur «mode»

Vous me voyez venir? Certains logos sont tellement dans le vent que quand le vent tourne, ils disparaissent! Prenez la mode actuelle du «2.0»: c’est beau, c’est propre et ça brille, mais dans 5 ans, ça fera telllllement deux-mille-sept! Un logo devrait pouvoir traverser les modes sans s’y noyer.

5. La chance

Comme le disait le philosophe Bill Gates, «La vie est injuste, il va falloir vous y habituer». Ou quelque chose comme ça. Bref, toute réussite comporte une part de chance sur laquelle l’être humain normal n’a pas d’emprise. Certains grands noms du design graphique semblent avoir un truc pour attirer la chance, mais aucun ne semble prêt à communiquer sa formule magique…

6. La qualité

Nous y voilà : pas question d’évacuer la responsabilité du graphiste dans cette histoire! Pour s’inscrire dans le temps, un logo doit répondre à des qualités incontournables mais difficiles à énumérer. Citons quand même la personnalité, la lisibilité et l’absence d’ambiguïté … Trop de logos finissent aux poubelles de l’histoire pour avoir ignoré ces critères.

Sur son blog, ma consœur Naina Redhu a publié un article paradoxalement intitulé A logo is for a lifetime (Un logo, c’est pour la vie), elle y résume ainsi la question de l’éternité : « If logos are expected to be static, do we also expect companies to be static? » (Si on s’attend à ce que les logos soient statiques, doit-on s’attendre à ce que les entreprises le soient aussi ?).

La conclusion est donc qu’aucun logo n’est éternel. Tout repose sur une subtile remise à jour graphique dans les moments clés de la vie de l’entreprise. Adapter le graphisme, épurer le trait jusqu’à ne conserver l’essentiel, capitaliser sur les formes et les couleurs, voilà le travail du graphiste.

Dans un prochain envoi, je passerai en revue quelques logos très, très connus. Il s’agira de voir pourquoi on les croit éternels… et pourquoi ils ne le sont pas!

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Publié par Olivier le 19/10/2007 à 20H50 sous Design Web

C’est plus fort que moi : quand, pour une raison quelconque, un logo se retrouve dans l’actualité, je me sens comme interpellé! Qu’il soit incompréhensible, politiquement orienté ou dominant, je sors de ma boîte à crayons et j’y vais de mon analyse personnelle.

Cette fois, c’est du respectable logo de Radio-Canada qu’il s’agit. Ou plutôt de ses clones. Voici l’histoire.

logo_radio_canada

Le 15 octobre, Alexandre Provencher affiche sur son blog Canada de Fantaisie une photo prise cet été lors d’un voyage à Arequipa, au Pérou. On y voit une affiche publicitaire pour un cabinet dentaire local qui clame joyeusement Nous travaillons pour votre sourire ! Le truc qui saute aux yeux du blogueur québécois, c’est que le logo de l’affiche est une copie du logo – ou plus précisément du pictogramme – de notre Société Radio-Canada. Sauf que les couleurs pleines ont laissé leur place à un dégradé radial de gris franchement discutable.

copie_radio_canada

Alertée par quelques internautes (dont votre serviteur !), Sophie-Hélène Lebœuf relate l’affaire le jour même sur le pseudo-blogue de Radio-Canada, Sur le Web, sous le titre Le logo de Radio-Canada plagié au Pérou.

Le 16 octobre, la journaliste revient sur le cas de Dentium, et ajoute un lien vers le site de SunEnergy, une compagnie espagnole de panneaux solaires dont le logo est une reprise non moins flagrante du logo de la SRC!

logo_sunenergy

Elle éclaircit au passage l’aspect légal de ce genre de plagiat, grâce à l’aide de Jean-Frédéric Morin, du Centre for Intellectual Property Policy de l’Université McGill : «Le logo de Radio-Canada est une marque de commerce qui n’est protégée qu’en lien avec un produit ou un service (à l’exception des marques notoirement connues, ce qui n’est probablement pas le cas de ce logo sur le marché péruvien). Puisqu’une clinique dentaire offre des services qui ne sont en rien similaires à ceux offerts par Radio Canada, aucune autorisation ne devrait être obtenue. Et encore, il n’est pas certain que la marque de Radio-Canada soit enregistrée au Pérou! Rien d’étonnant que le «logo» ait été utilisé sans l’autorisation de SRC!».

Pas de quoi fouetter un avocat, donc, mais l’histoire est cocasse et circule désormais dans la blogosphère québécoise, inspirant des commentaires graphiques : «Radio-Canada avait juste à ne pas prendre une tête de brosse à dents électrique comme logo…» (Geneviève Piquette, sur le blog de Dominic Arpin)… ou politiques : «Ne venez pas dire après que le pouvoir du Web et/ou du citoyen, ce n’est pas quelque chose de merveilleux pour dénoncer les pires abominations!» (Olivier Niquet, sur son blog).

Pour le plaisir de brouiller les pistes, je me suis mis en quête d’autres clones de Radio-Canada. Depuis, je m’habille chez le designer américain Bill Hallman

Bill_hallman_logo

… et je vais danser au MidnightShift, le club gay le plus hot de Sydney (Australie)!

logo_themidnightshift.jpg

Mais au-delà du plaisir du collectionneur, il y a le point de vue du dessinateur. Le logo de Radio-Canada n’a peut-être pas été COPIÉ. Les graphistes péruviens, catalans ou australiens ne l’ont peut-être même jamais vu. En effet, le pictogramme qui représente aujourd’hui la SRC est un jeu géométrique très simple, malgré son apparente complexité. Il est régi par un principe de fractionnement assez trivial, dont on trouve des traces dans les mandalas indiens, les vitraux romans et les origamis japonais. On le retrouve même en cuisine sous le nom comment-couper-une-tomate-en-cubes!

construction_logo_SRC

Il est ainsi possible d’augmenter le nombre des «échos» du cercle original (comme pour SunEnergy ou MidightShift) ou de le réduire (comme pour Bill Hallman), tout en respectant la logique formelle. Un kaleïdoscope à verres carrés pourrait théoriquement restituer sous cette forme l’image d’un cercle. Mais la théorie la plus tordue vient d’un certain Vincent Finnerty, une sorte d’informaticien fou, qui prétend – à la blague – que ce logo est une transformée de Fourier bidimensionnelle appliquée à un carré. Ah ben oui, il me semblait bien…

fournier_radio_canada

Après tout ça, ce qui me surprend le plus, c’est que le logo radiocanadien ne soit pas né du compas d’un architecte, mais se révèle le résultat d’une évolution graphique. La base en fut jetée en 1974 par le graphiste Burton Kramer, sous une forme amicalement désignée comme The Exploding Pizza ou encore The Exploding Pineapple!

explodingpizza.gif

Pour terminer, je dirai que, tant qu’à parodier, autant le faire avec humour : clin d’œil textile, humour de pirate ou fantaisie charcutière, Ici Logo-Canada !

humour_src.jpg

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Publié par Olivier le 21/06/2007 à 13H41 sous Design Web

Couchez les enfants : il va y avoir du XXX! Non, nous n’en sommes pas réduits à publier des grivoiseries pour augmenter le trafic de notre blog, c’est plutôt que le sexe fait partie de la vie… et donc des logos!

Dans le but d’illustrer les meilleures et les pires pratiques du domaine de l’identité visuelle, je me suis mis en quête de logos dans lesquels un symbole caché vient dynamiter la signification première. Ces lapsus graphiques sont assez courants et sont généralement l’œuvre de graphistes sous-qualifiés, associés à une chaîne de validation inexistante (ou aveugle). En effet, la faute est partagée, car si créer une ambiguïté flagrante sans s’en apercevoir est peu professionnel, valider un tel logo n’est guère plus reluisant.

À ma connaissance, il n’existe pas de répertoire officiel des logos ratés, mais en menant mes recherches sur le Web, je suis tombé sur un nombre inquiétant de logos… sexuels! Je parle ici de logos qui n’ont rien à voir avec l’industrie du sexe, mais qui en présentent involontairement les attributs! Que dire de plus, sinon qu’il est préférable d’en rire, et qu’il existe même un concours méconnu à ce sujet: les Phallic Logo Awards! (Thanks for your help, you b3ta people!)

Mesdames et Messieurs, voici mon palmarès des logos ambigus! Je le répète: toute ressemblance avec des organes ou des pratiques réprouvés par la morale est due à une coïncidence… ou à votre imagination. Si vous avez moins de 18 ans, regardez ailleurs!

- [mise à jour] Arlington Pediatric Center (centre pédiatrique)
Il y a en Virginie un centre pédiatrique qui ne doit pas sa popularité à la qualité de ses intervenants, mais bien à son logo pas vraiment politically correct

APC

- The Computer Doctors (réparation de matériel informatique)
Si vous voyez un «u», vous avez du mérite. Si vous voyez une souris, vous êtes accommodant. Si vous voyez autres chose… c’est normal! Franchement, leur confieriez-vous votre disque dur?

Computer Doctors

- Kudawara (pharmacie)
Il s’agit d’une pharmacie japonaise dont le logo a été repensé récemment avec une naïveté qui laisse rêveur. On appelle ça un K de figure! Kudawara, le meilleur endroit pour trouver des préservatifs!

Kudawara

- The Mac Store (détaillant informatique)
Attention: ambiguïté textuelle! Aucune loi n’interdit d’écrire «THE» verticalement, mais les tubes fluorescents ont leurs exigences, et l’internaute moyen lira à coup sûr «WTF», populaire acronyme de «What the fuck»! Oups.

The Mac Store

- Instituto de Estudos Orientais (école de langues)
Souvent qualifié de «pire logo jamais produit», le logo de l’Institut d’Études Orientales représente, pour un individu d’une pureté totale, une pagode devant un soleil levant. C’est tout ce que j’ai à en dire…

InstitutodeEstudosOrientais.gif

- Clinica Dental (clinique dentaire)
Ne cherchez plus pourquoi tant de gens ont peur du dentiste!

ClinicaDental.jpg

- Harvey Shopfitters Limited (aménagement de magasins)
Dans le même «esprit» que le précédent, mais en position allongée. Un classique qui n’évoque pourtant pas vraiment la menuiserie industrielle…

HarveyShopfittersLtd.gif

- Büty Salon (salon de beauté)
En créant ce logo pour un salon londonien, le pauvre graphiste s’est tellement concentré sur la stylisation d’un nu féminin qu’il n’a pas vu le paradoxe se dresser devant lui!

ButySalon.jpg
- Bellwether (consultants en ingénierie)
Calligraphes amateurs et autres adeptes du pinceau mou, attention aux dérapages! Ne vous laissez pas aveugler par la sensualité des courbes et prenez donc du recul pour voir ce que vous avez VRAIMENT dessiné!

Bellwether.jpg

- Kostelecke Uzeniny (charcuterie)
Dans la Tchécoslovaquie des années 20, personne ne se plaignait du logo de ce saucissier réputé. Il était alors bien vu pour les hommes d’être élégants et maniérés, et d’avaler goulûment des chapelets de weisswurst. C’est ce qu’on appelle la belle époque!

KosteleckeUzeniny.jpg

- DVV (club de volleyball)
Quoi de plus tonifiant qu’une bonne partie de volleyball? Il s’agit ici d’un club allemand. Probablement masculin.

DVV.jpg

- A-Style (mode)
Voilà une griffe italienne qui sait parler aux jeunes! Bien sûr, la signification du A reste à la discrétion de chacun…

A-Style.gif

- Atherton Car Centre (concessionnaire automobile)
Ne comptez pas sur moi pour disserter sur la légende qui veut que la grosseur de la voiture soit inversement proportionnelle à celle… du logo. Cela dit, si ce visuel vous inspire, posez-vous les bonnes questions.

AthertonCarCentre.jpg

- Dodge (automobile)
Surpris de trouver le nom d’un grand constructeur automobile dans cette liste de maladresses? C’est que vous n’avez jamais comparé la célèbre tête de bélier avec l’appareil génital féminin! Oui, votre pick-up vous paraît soudain moins viril…

Dodge

- Amadeus (hot-dogs)
En plus d’être un compositeur génial, Amadeus est ce que les Allemands appellent un «Frankfurt bar». De gauche à droite, sur ce remarquable logo: un hot-dog juteux, Mozart et une chope de bière. De la mayonnaise avec ça?

Amadeus.gif

- Arby’s (restauration rapide)
Cette populaire chaîne de fast-food mise sur le folklore western, et son logo essaie de représenter un chapeau. Mais dites-moi de quoi vous auriez l’air avec ça sur la tête?

Arbys.gif

- Kappa (vêtements de sport)
Vieille plaisanterie de vestiaire: si vous masquez le haut du logo de Kappa, vous saurez ce qui motive les joueurs!

Kappa.jpg

- Cas de signalétique chinoise
Voici une photo rapportée de Chine par un touriste perplexe. Si quelqu’un lit le mandarin, je serais très curieux de savoir ce que dit cette plaque parce que je préfère ne pas me fier au pictogramme…

SignalChinois.jpg

- Cas de signalétique norvégienne
Vu en Norvège, dans un autobus long courrier, ce pictogramme qui interdit de… de quoi, d’ailleurs? Pour le savoir, il faudrait sans doute étudier la vie nocturne dans les bus scandinaves…

SitDown.jpg

… et en rappel spécial :

- London 2012 (jeux olympiques)
J’avais déjà parlé des remous internationaux causés par ce logo, et mentionné le phénomène suivant: une fois qu’on y a vu Lisa Simpson dans un acte de sexe oral, on ne voit rien d’autre. Ça y est, vous êtes fichus!

London2012_yellow.jpg

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Publié par Olivier le 13/06/2007 à 15H49 sous Design Web

Si vous habitez sur la même planète que moi, vous avez sûrement entendu parler du logo que l’organisation des futurs Jeux Olympiques de Londres a dévoilé le 4 juin dernier. Vous avez sans doute senti les remous que l’«œuvre» a suscités un peu partout, et peut-être même avez-vous une opinion sur la chose.

Puisque j’ai fait de l’analyse sémantique des logos ma croisade, et puisque celui-là va bénéficier d’une incredible exposure dans les cinq prochaines années, je ne peux pas passer London 2012 sous silence. OK, tout a déjà été dit sur ce logo : il est laid, il sort tout droit des années 80, il semble avoir été conçu sous l’effet de substances interdites par le Comité Olympique, il a coûté 400 000 ? (soit 600 000 € ou 840 000 $ CAN !), il ressemble à Lisa Simpson, il provoque l’épilepsie et le réchauffement climatique, etc.

Mais puisque vous me demandez mon avis (ne niez pas : je vous ai entendus), je dirais qu’en plus de pousser la question graphique dans l’arène publique, ce logo a une qualité : l’originalité. Mais il a aussi 2012 défauts, à commencer par l’illisibilité.

En exclusivité planétaire, voici donc un palmarès des réactions les plus drôles au logo London 2012, collectées sur le Web et classées par catégorie…

London 2012

- Catégorie «Dessin d’humour» : La mode 2012 (L’Internaute Magazine / Rudy Salin)

- Catégorie «Design Web 2.0» : London 2.0 - beta version (Snub Communications)

- Catégorie «Faites-le vous-même» : How to create an olympic logo (PolishPlanet)

- Catégorie «Origami» : Olympic (logo) games! (Metro)

- Catégorie «Comptabilité» : La facture du studio de design (Bloggerheads.com)

- Catégorie «Interprétation» (ex æquo) : Ripp Off (Daily Mail / L. John)

- Catégorie «Interprétation» (ex æquo) : Shit (RegMedia)

- Catégorie «Interprétation» (ex æquo) : ZION (Rumor Mill News)

- Catégorie «XXX» : The London 2012 logo sucks (IdeaBounty)
[attention : graphisme explicite qui pourrait changer à tout jamais votre perception du logo !]

- Catégorie «Hommage aux Simpsons» : Lisa in London (anonyme)

- Catégorie «Signalétique» : Olympic logo shown door (RegMedia)

- Catégorie «Athlétisme» : Runner (Aleksander Lenart)

- Catégorie «Mes-lacets-sont-défaits» : Ooops! (Go-Référencement)

- Catégorie «Mauvais souvenir» : Waffen SS (anonyme)

- Catégorie «Série TV» : The Office (BBC News)

* * *

… Deux mille douze liens pertinents :

- Le site officiel des Jeux de Londres 2012

- Le concours de logos lancé par l’organisation des Jeux

- Quelques-uns des concours parallèles : celui de la BBC, celui du Daily Mail, celui de SitePoint

- L’agence Wolff Olins, les fiers créateurs du logo

- Le point de vue des graphistes : Étapes (France), Grafika (Québec), Design Observer (États-Unis)

- La revue internationale de l’impopularité du logo, de la Nouvelle-Zélande au Royaume-Uni, en passant par les États-Unis, la Suisse et la France

- Les pétitions : celle des pro-logo et celle des anti-logo !

- 10 raisons de l’aimer malgré tout

- Un genre de LogoFight : le logo London 2012 contre tous les autres logos olympiques

Ça, c’est du sport !

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Publié par Olivier le 28/05/2007 à 10H03 sous Design Web

Dans son article “How to Convince a Client their Site Doesn’t Need Music”, l’excellent Matt Inman se penche sur un mal dont trop d’entre nous ont souffert, il s’agit donc sans le moindre doute d’une cause humanitaire… en voici mon adaptation en français.

En tant que producteurs de sites Web, nous prenons note d’une demande aussi classique que perverse: la musique de fond. En bons professionnels, nous nous devons de répondre à toute demande absurde avec éthique et aplomb, portant à la connaissance de notre client chéri que sa requête relève visiblement de la mauvaise idée. Il existe bien sûr des exceptions, des cas où Web et musique font bon ménage, comme les sites de musique, ou encore ceux qui offrent une véritable expérience multimédia. Nous parlerons ici d’une catégorie plus commune : les sites à contenu riche dont l’immersion sonore ne constitue pas une plus-value aux oreilles des utilisateurs.

La prochaine fois qu’un de vos clients aura décidé qu’une muzak lui apportera LA touche branchée, reportez-vous à la liste ci-dessous pour le convaincre qu’il se tire… dans l’oreille. [Note du traducteur: muzak = musique de fond. Le terme Muzak, mot-valise formé de music et de kodak, est une marque déposée de la compagnie américaine Muzak. Source: Office de la langue française.]

music-off.gif


1. La muzak dérange.
Une musique en fond sonore interrompt tout autre son ou vient s’y superposer. Le hic, c’est que de plus en plus d’internautes utilisent leur ordinateur comme une station multimédia et font jouer musique ou vidéo. Dans ce contexte, toute musique inattendue est une intrusion: imaginez votre magazine qui saute de la table pour se coller à votre visage, comme le facehugger du film Alien, pour vous lire les grands titres! OK, la métaphore est peut-être un peu dure à avaler, mais l’idée est là: ne forcez pas vos visiteurs à subir quelque chose qu’ils n’ont pas voulu. Prosaïquement, on s’attend à ce qu’un site propose un contenu utile, pas de la musique d’ameublement.

2. La muzak s’interrompt quand on change de page. À moins que vous n’ayez inséré des «frames» invisibles – auquel cas vous avez des problèmes plus graves que la musique –, le son sera coupé à chaque changement de page. Pour le confort auditif, on repassera.

3. Certains systèmes sont incompatibles avec la muzak.
Les plus anciennes générations de navigateurs (sans remonter au XVIIe siècle, quand même), les systèmes d’opération «marginaux», les plug-in non installés, les configurations non conventionnelles: voilà autant de cas où notre chère musique ne pourra être entendue. Comme ces cas sont mal documentés et ne constituent pas un argument fort, on posera habilement ce choix au client: un site avec musique mais qui fera «planter» certains navigateurs OU un site visible par tout le monde…

4. La muzak ralentit les mœurs ! Faire jouer de la musique est une opération qui consomme les ressources du système au détriment de la performance globale du site – particulièrement avec une machine ou une connexion lente. Non seulement l’expérience de l’utilisateur en sera assombrie, mais elle ne l’incitera pas à revenir se confronter à la frustrante lenteur de votre site.

5. La muzak fait vieux-jeu et amateur. Eh oui, il fut un temps, quand les plus jeunes d’entre vous suçotaient encore leurs Légos, où un fond musical sur un site Web était cool. Mais la Toile a mûri, et pour reprendre les mots de Matt, «it’s considered dated and the mark of an amateur». Voilà !

6. Les sites sans muzak ne sont pas les fruits du hasard. Les technologies gagnent régulièrement en puissance, et pourtant, on trouve de moins en moins de sites à muzak. Selon certains clients, ajouter de la musique serait un avantage compétitif. Erreur! Si leurs compétiteurs s’abstiennent de déguiser leur site en boîte de nuit, c’est simplement parce que c’est une mauvaise idée. On n’a jamais vu un site qui transforme votre curseur en chaton géant: le feriez-vous au nom de l’innovation ?

7. Tout le monde n’aime pas la muzak. Tous les goûts sont dans le cyberespace. Ce que certains trouvent plaisant et relaxant, d’autres le qualifieront de musique d’ascenseur.

8. Allez donc faire un tour sur Myspace ! Vous êtes-vous déjà retrouvé sur une page personnelle de Myspace, cherchant désespérément le bouton STOP caché dans cette abomination nommé profile? Vos oreilles ont-elles souffert de la pénible chanson qui leur était imposée pendant de longues secondes? Avez-vous fait Back, ou même Reset sur votre ordi? Voilà pour votre client une mésaventure à méditer. Et s’il vous fait remarquer qu’un site qui rassemble cent millions de personnes ne peut pas être mauvais, portez ceci à sa connaissance: Myspace a été élu Pire Site de l’année 2006 par le respecté PC World.

9. La muzak consomme votre bande passante.
Argument de dernière chance: si le site est prévu pour drainer un haut volume de trafic, l’ajout de musique risque de gruger sa bande passante au point de générer des surcoûts.

10. La muzak distrait du contenu. La gentille techno-lounge que votre client tient à mettre en arrière-plan est-elle LE produit qu’il propose sur son site? Non? Alors pourquoi détourner ainsi l’attention des visiteurs au lieu de leur donner une occasion de se concentrer sur le vrai contenu?

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Publié par Olivier le 15/05/2007 à 12H26 sous Design Web

Devant le succès remporté par mon analyse des logos politiques, j’ai décidé de récidiver avec un principe audacieux : le LogoFight. Aujourd’hui, Mesdames et Messieurs, devant vos yeux incrédules vont s’affronter deux géants de notre ère postindustrielle : Microsoft et Apple.

Les règles du jeu

Rien de plus simple, les adversaires n’ont pour seule arme que leur logo! Oubliez la technologie, les plans stratégiques, les acquisitions coûteuses, les ronflantes campagnes publicitaires, et laissez parler le graphisme! Je me livrerai ici à une analyse sémantique des deux logos, basée sur l’historique et la symbolique graphique des deux marques.

Les combattants

Dans le coin droit : Microsoft, le géant de Redmond (État de Washington), multinationale œuvrant principalement dans le domaine logiciel. Connue, respectée et haïe pour le quasi-monopole de son système d’exploitation Windows, l’incontournabilité de sa s