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Publié par nicolask7 le 25/09/2008 à 16H54 sous Design Web

Nous sommes toujours en période électorale au Canada et force est de constater le rôle prépondérant que prend le Web dans l’actualité politique. De l’oiseau vrituel déféquant sur l’épaule du chef de l’opposition à la viralisation du clip dénonçant les coupures dans le secteur de la culture, les activités en ligne des partis en campagne semblent faire réagir davantage que leur campagne sur le terrain.

Il y a une dizaine de jours, Francis publiait sur ce même blog une analyse du référencement des sites des partis politiques fédéraux. Nous répétons aujourd’hui l’exercice, cette fois-ci en examinant le design et l’ergonomie des sites des principaux partis. De fait, Julie Babin, directrice artistique chez NVI, révèle aujourd’hui une liste de leçons à tirer du mauvais design des sites de partis politiques canadiens.

1- Personnaliser votre interface
La première impression que les visiteurs ont d’un site est davantage établit par le design du site (look and feel) que par les contenus du site. Par conséquent, l’utilisation des templates peut convenir aux sites personnels ou amateurs, mais dans le cas d’un site commercial ou profesionnel, il convient d’abord de personnaliser l’interface afin d’apporter un maximum de crédibilité au site. En effet, un site non personnalisé aura souvent l’air davantage d’une application ou pire encore, d’un texte mise en page dans un logiciel de traitement de texte.

Parti Conservateur website
Le site du parti conservateur est un bel exemple d’un site qui semble être directement recyclé du sous-sol d’un des amis du parti. Pour un parti qui aspire à diriger le pays pour les années à venir, nous sommes en droit d’espérer davantage que ce look ‘made in 2001 | designed with Corel Draw’. On suggère alors aux Conservateurs d’améliorer leur branding et de proposer un graphisme à l’image des valeurs qu’ils souhaitent véhiculer.

2- Faire une utilisation judicieuse du Flash
Que ce soit pour ajouter du dynamisme à votre site ou pour mettre en évidence certains éléments de votre design, les animations Flash doivent être utilisées de manière judicieuse. Avant de choisir d’intégrer une animation Flash à votre site, il convient de s’interroger sur la réelle valeur ajoutée qu’apportera ce nouvel élément. Le site des Libéraux illustre à merveille ce propos.

Parti libéral website
Dès notre arrivée sur le site des Libéraux, on nous accueille avec une animation Flash accaparant la majeure partie du design sans toutefois apporter quoique ce soit à l’expérience utilisateur. Il est aussi très curieux de constater que lorsque notre souris survole la zone en Flash, contrairement à la logique (au lieu de prendre de l’expension) l’image ici se retrécit. Ensuite, lorsque nous cliquons sur l’animation, nous aimerions avoir une vague idée d’où nous allons atterir, ce qui n’est vraisemblablement pas le cas ici. Définitivement, on aurait aimé plus de clarté de la part des Libéraux.

3- Rendre les zones cliquables facilement identifiables
Plusieurs raisons justifient la maximisation et la bonne identification de la taille de la zone cliquable des liens. D’une part, chaque visiteur appréciera qu’on lui démontre clairement quels sont les éléments lui permettant de naviguer dans le site. D’autre part, les boutons servent également à améliorer l’accessibilité aux personnes ayant des troubles moteurs. Dans cet ordre d’idées, les concepteurs du site libéral auraient avantage à prévilégier des boutons plus clairement identifiables pour leur barre de navigation horizontale. En somme, lors de la conception d’un site, il faut garder en tête que la navigation a un avantage certain à être facile et évidente plutôt qu’être approximative et instinctive.

Parti libéral menu

4- Optimiser votre contenu dans l’espace
Un contenu bien structuré permettra de sauver de l’espace tout en améliorant la présentation visuelle. Dans l’exemple ci-bas du site conservateur, le contenu semble flotter sur une page blanche. Le visiteur perspicace se demandera si l’image ‘leadership’ est une bannière ou plutôt le titre de la page? Les zones de texte dépassant plus de 700/800 pixels sont quant à elles difficiles à lire et devraient idéalement être limitées à 500/600 pixels. On se demande aussi à quoi les images sont associées. Bref, le site bénéficierait grandement d’un contenu structuré et hiérarchisé.

stephan harper vide

5- Le branding: trop c’est comme pas assez
Bien qu’il faut certainement adapter votre design à votre message, il faut aussi faire attention de ne pas en mettre trop. Il importe alors de porter une attention particulière à l’utilisation que vous faites de votre logo ainsi que de vos couleurs corporatives. Si l’on juge timide l’utilisation de la couleur rouge chez les libéraux, on remarque chez le NPD une surrabondance du visage du chef Layton ainsi que du mot LEADERSHIP sur la page principale du site du NPD. De fait, 4 fois la face du candidat dans l’espace d’environ 500 pixels, et ce, sans même avoir à scroller, tout ça semble réellement abusif. Dans un même ordre d’idées, on remarque que l’utilisation du background orange du site met à l’avant plan le contenant du site plutôt que son contenu: la couleur orangé portant ici une ombre certaine au site.

site internet jack layton

6- Gardez une cohérance dans votre design
Une fois votre contenu structuré, personnalisé et brandé, il importe alors de garder une certaine cohérence dans votre design. Ainsi, une uniformisation du design de vos boutons s’impose: il ne faut surtout pas que chacun des éléments de votre site ait l’air d’avoir été designé par des personnes différentes. À cet effet, le site du Bloc montre dans sa colonne de gauche plusieurs boutons du type ‘call to action’ qui présente chacun un visuel différent. Si l’utilisation de l’effet trash menant vers le blogue du parti paraît douteuse, on s’amuse en tentant de se remémorer la dernière fois qu’on a vu du texte écrit à la verticale employé dans un design (voir la banderole rouge ‘élections 2008′ en dégradée à l’extrême gauche du site)

blogue quebecois

On constate finalement que la plupart des partis auraient avantage à investir dans le design et l’ergonomie de leur site, nous sommes en effet très loin de ce qui ce fait chez nos voisins du sud.

Mise à jour: l’organisme AccessibilitéWeb propose une étude exhaustive sur l’accessibilité des sites de partis politiques canadiens.

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Publié par Francis le 11/09/2008 à 11H52 sous Stratégie Web corporative

En période électorale, il est de mise d’analyser le référencement Internet des partis politiques ainsi que de leurs chefs. Même si la stratégie web des différents partis politiques a beaucoup évolué depuis la dernière campagne électorale, regardons ce qui en est au niveau du référencement.


Parti Conservateur


Parti Conservateur
http://www.conservative.ca/
PageRank : 6
Pages indexées dans Google : 3430
Liens pointant vers le nom de domaine selon Yahoo : 76 962
Le Parti Conservateur possède un nom de domaine fort bien référencé par Google. Le site est cependant peu intuitif et on pourrait qualifier les montages de laborieux. Je déteste remarquer les modifications faites par PhotoShop (un peu comme de mauvais effets spéciaux au cinéma) sur une image, mais dans ce cas c’est tout de même plus que flagrant. Les balises title sont faites au strict minimum et pourraient être optimisées. De plus, l’URL Rewriting leur ferait un plus grand bien. On doit cependant souligner l’effort de faire un lien vers quelques médias sociaux dont le profil Facebook de Stephen Harper. Nous devons saluer la stratégie des conservateurs d’acheter un nom de domaine pour chaque candidat et mettre l’URL sur les pancartes électorales. Ils utilisent une stratégie efficace qui conjugue les efforts offline au marketing online.


Parti Libéral


Parti Libéral
http://www.liberal.ca/
PageRank : 5
Pages indexéess dans Google : 10 200
Liens pointant vers le nom de domaine selon Yahoo : 94 833
Le Parti Libéral est aussi assez bien référencé par Google. Le site est simple à utiliser et on trouve l’information facilement. On peut noter aussi les liens vers le profil Facebook de Stéphane Dion ainsi que le canal YouTube des Libéraux. Notons que sur la requête « Parti Libéral » le site du Parti Libéral du Canada se place en deuxième position, battu par le Parti Libéral du Québec. Un peu d’URL Rewriting ne ferait pas de mal au référencement du site web ainsi qu’une amélioration des balises title.


Bloc Quebecois


Bloc Québécois
http://www.presentpourlequebec.org/ (anciennement www.blocquebecois.org)
PageRank : 6
Pages indexées dans Google : 13 000
Liens pointant vers le nom de domaine selon Yahoo : 22 608
Le Bloc Québécois a effectué une importante erreur de stratégie web en changeant son nom de domaine au tout début de la campagne électorale sans même prendre la peine de faire une redirection 301 de leur ancien site vers le nouveau. Ils ont maintenant corrigé le tir mais le mal est fait, il ne faut jamais changer de nom de domaine si on possède un nom de domaine bien indexé sauf en cas de force majeure. On voit très bien le travail fait par Photoshop sur l’entête du site (regardez l’oreille droite de Gilles Duceppe) et cela m’achale toujours autant. Le site est somme toute assez joli mais le référencement fait pitié. Les balises title sont très mal choisies (absence des mots Bloc Québécois sur l’index) et surtout, ils sont identiques sur toutes les pages du site, erreur monumentale. Le site aurait lui aussi besoin d’URL Rewriting. Notons cependant que le Bloc Québécois achète de la publicité AdWords sur le nom des autres partis politiques (je n’ai pas fait le tour de tous les mots) ce qui est à mon avis une excellente idée en période électorale. Cependant, le texte de la publicité laisse grandement à désirer.


NPD Logo


Nouveau Parti Démocratique
http://www.npd.ca/
PageRank : 5
Pages indexées dans Google : 5 560
Liens pointant vers le nom de domaine selon Yahoo : 15 282
Le Nouveau Parti Démocratique a probablement le plus beau site web des quatre partis principaux. Le site est simple d’utilisation et inclut plusieurs liens vers les médias sociaux, stratégie que je salue. Le site aurait bien besoin d’URL Rewriting lui aussi, il semble que ca soit la mode chez les partis politiques canadiens de vous envoyer vers des URLs incompréhensibles. Le NPD offre des bannières à insérer sur les blogues de ses supporteurs, mais manque l’occasion de mettre un mot-clé pertinent sur ses dites bannières.

En conclusion, les partis politiques canadiens se sont beaucoup améliorés en stratégie web et en référencement depuis la dernière élection mais il reste encore énormément de chemin à parcourir pour voir une stratégie web digne de ce nom appliquée avec succès.

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Publié par Olivier le 21/03/2007 à 11H14 sous Google

Élections Québec 2007 : J-5. Les analystes politiques se contredisent à qui mieux mieux, et bientôt sera proclamé le couvre-feu qui interdira la publication de sondages… Heureusement, le quebecus technophilus peut compter sur un outil fiable et impartial : GoogleFight !

Le principe est d’une simplicité enfantine : on oppose les partis ou les candidats deux à deux, et que le meilleur gagne – «meilleur» étant ici entendu au sens du «plus grand nombre de pages trouvées». Pour obtenir des chiffres précis et réduire notre marge d’erreur (sic), nous avons enfermé les mots dans des guillemets. Nous avons utilisé google.ca et coché la case «Pages : Canada» pour préserver la saveur locale de l’événement, et nous avons arrêté le temps à 10 h 30, en ce premier jour du printemps…

drapeau.gif

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1. Les partis

La Direction Générale des Élections recense 12 formations en course. Après un bref échauffement, voilà leurs noms soumis au premier affrontement !

  • Parti Québécois = 636 000
  • Québec Solidaire = 301 000
  • Parti Libéral du Québec = 179 000
  • Action démocratique du Québec = 157 000
  • Parti Vert du Québec = 54 200
  • Bloc Pot = 33 200
  • Parti égalité = 13 600
  • Parti communiste du Québec = 11 000
  • Parti marxiste-léniniste du Québec = 787
  • Parti démocratie chrétienne du Québec = 624
  • Parti conscience universelle = 403
  • Parti unitaire du Québec = 389

Analyse : Nette victoire du Parti Québécois, devant un Québec Solidaire plutôt inattendu. Il est clair que les partis dont le nom usuel n’est pas exactement le nom officiel se trouvent défavorisés : à part son chef, personne ne se donne la peine de dire ou d’écrire «Parti Libéral du Québec». Mentionnons que, dans le cas des grosses formations, le premier lien proposé par Google est celui du site officiel du parti. C’est déjà ça de gagné !

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2. Les partis (en acronymes)

On répète l’exercice, mais avec les initiales de chaque parti.

  • PE = 1 570 000
  • BP = 1 300 000
  • PQ = 1 160 000
  • ADQ = 820 000
  • QS = 745 000
  • PLQ = 476 000
  • PCQ = 122 000
  • PUQ = 101 000
  • PCU = 46 100
  • PVQ = 24 500
  • PMLQ = 719
  • PDCQ = 270

Analyse : Le paysage politique est bouleversé ! Selon les analystes, le Parti Égalité a peu de chances de former le prochain gouvernement, mais avec un acronyme comme PE, il bénéficie d’un renfort massif, y compris de… l’Île-du-Prince-Édouard ! Même remarque pour les autres acronymes de deux lettres, sauf le PQ et QS, qui ne doivent qu’à eux-mêmes leur bon référencement. Notons que l’ADQ est le seul grand parti qu’on nomme uniquement par ses initiales. Mais le plus cocasse est ailleurs. Tapez «PMLQ» (pour Parti marxiste-léniniste du Québec) et Google vous proposera Essayez avec cette orthographe : “PM” (note pour les non-Canadiens, PM est l’acronyme usuel de Prime Minister, ou Premier Ministre) !

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3. Les candidats

Le vote du 26 mars accordera au chef du parti gagnant l’honorable fauteuil de Premier Ministre du Québec. Mais avant, il faudra se battre !

  • Jean Charest = 714 000
  • Mario Dumont = 669 000
  • André Boisclair = 422 000
  • Françoise David* = 280 000
  • Scott McKay = 26 000
  • André Parizeau = 626
  • Pierre Chénier = 606
  • Keith Henderson = 572
  • Gilles Noël = 501
  • Hugô St-Onge = 337
  • Aline Lafond = 61
  • Louis-Marie Thiffault = 18

Analyse : Charest sauve le leadership libéral, et, malgré son passé de blogueur, Boisclair ne peut faire mieux que troisième ! Quant aux scores des «petits» candidats, ils vous enlèveront toute culpabilité de ne pas connaître leurs noms !

* Selon le site de la DGEQ, le chef de Québec Solidaire serait Régent Séguin, mais il a été dit dans les médias que Françoise David assumera cette fonction en cas de victoire…

* * *

D’autres nouvelles de la technosphère politique ?

>> Initiative intéressante : Radio-Canada lance un appel aux blogueurs pour contribuer à la soirée électorale ! Intéressé(e) ? Contactez Philippe Schnobb à cette adresse : philippe_schnobb@radio-canada.ca.

>> Parlant de la section «Québec 2007» de Radio-Canada, saviez-vous que Sophie-Hélène Lebeuf a commenté en ondes mon article Que cachent les logos politiques du Québec ? Retrouvez son analyse écrite et sa capsule webcam sur cette page.

>> Si vous êtes un cyber-citoyen friand de médias alternatifs, je vous recommande chaudement le module Élections 2007 du forum citoyen Cent Papiers.

>> Vous n’avez pas encore fait votre «profilage» politique en ligne ? C’est assez… surprenant, et c’est ici.

>> Pour finir sur une note drôle, sachez que le dernier délire des Têtes à claques est, lui aussi, aux couleurs de la campagne électorale. The POWER to the PEOPLE!

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Publié par Olivier le 08/03/2007 à 18H50 sous Design Web

Le Québec vient d’entrer dans une campagne électorale qui vise à élire ou à réélire son gouvernement et ses députés. Pour les non-Québécois, cela veut dire que l’actuel gouvernement (Libéral) de notre belle province pourrait basculer le 26 mars.

Mais comme ceci n’est pas un blog politique, nous partirons du constat selon lequel la politique est, plus que jamais, une question d’image. Et boum, les 5 partis qui mènent la danse ont changé leurs logos juste avant cette campagne ! Coïncidence ? Pour le savoir, je vous propose une analyse sémantique non partisane de ces cinq logos, un comparatif avant/après qui s’appuie sur des considérations universelles.


logo PLQ

Parti Libéral du Québec
Parti sortant, le PLQ est la branche québécoise du Parti Libéral du Canada, d’où une touchante affirmation de sa québécitude sous la forme d’une fleur de lys. En fait, dans l’ancien logo, le Québec était carrément symbolisé par son drapeau en surplomb, le reste reflétant les valeurs du Canada : une Helvetica massive et carrée (quoique penchée vers l’avant), et le rouge fédéral. Tellement limpide qu’on n’avait pas jugé utile d’inclure les mots « parti » et « du Québec ». Changement de cap : le nouveau logo joue à fond la parité bleu/rouge… et rouge/bleu. À gauche, un gros L majuscule fâché avec les angles droits et cartoonesque, voire même expressionniste, en équilibre sur sa pointe pour signifier le dynamisme et la fougue. L’initiale est flanquée du lys québécois étiré vers le haut, faisant la démarcation entre les deux couleurs. Curieusement, le contour global peut s’interpréter comme une flèche qui pointerait en bas, à gauche (le passé ?)… À droite, une fonte condensée style Univers redonne un aplomb et nous rappelle que si le Parti Libéral est rouge, le Québec est bleu.

  • En bref : moins de drapeau, plus d’élan, beaucoup de parité, moins de sous-entendus.


Logo PQ

Parti Québécois
Le Parti Québécois, fondé jadis par René Lévesque, vise l’indépendance du Québec et sort ses nouvelles couleurs. Notons que le rafraîchissement de son image par l’atelier d’image de marque et de logos, Ekorce, bien que modeste, est le seul à avoir véritablement suscité des commentaires. Dans la presse comme dans la rue, on a épilogué sur ce Q tout neuf… Associé au cercle (la plénitude), le bleu de la Belle Province (à ne surtout pas confondre avec celui des Conservateurs d’Ottawa !) est à l’honneur. Signé par le peintre et poète Roland Giguère en 1968, le logo original arborait un pétaradant triangle rouge. Dans la nouvelle version, il est devenu vert : pour des raisons faciles à comprendre, on préfère évoquer l’environnement plutôt que le fédéralisme ! En changeant de couleur, ce triangle change aussi d’orientation, et voilà que la flèche prend un sens antihoraire beaucoup plus positif. Car, c’est bien connu, pointer en haut à gauche est un signe de croissance alors que désigner le coin inférieur droit est un repli, une fermeture. Mais où donc Monsieur Giguère avait-il la tête ? On a aussi donné au Q un petit côté “2.0″ en éclairant légèrement le dessus du cercle. Ce n’est pas vraiment du volume, mais on sort des années soixante ! Côté typographie, la cure de jouvence est exemplaire. On est passé d’un Helvetica gras un peu balourd à une fonte à la fois plus épurée - une Frutiger - et plus solide par l’utilisation des capitales. En se détachant du pictogramme, les mots prennent leur… autonomie (eh oui) et ce n’est pas un hasard si c’est là que pointe la flèche. Il faut préciser que, sur les affiches de campagne, le pictogramme fait office de signature graphique, sans sa typo.

  • En bref : moins de Canada, plus de verdure, une symbolique de croissance, un peu de lumière, d’avantage de stature… et on respire !


Logo ADQ

Action Démocratique du Québec
L’ADQ est le challenger de la course se positionne à la droite des deux favoris. Pour remettre son logo au goût du jour, le parti a mandaté l’agence Republik qui, malgré son nom, n’a rien de politique. Le moins qu’on puisse dire est que le résultat est assez loin de l’ancienne image. Typographiquement, on a fait le chemin inverse du PQ en passant des majuscules aux minuscules, sauf pour le Q, dont la descendante aurait nuit à la dynamique. Comme pour le PLQ, l’italique a été abandonné au profit d’une romaine plus maigre. Quant au bleu « uniforme de policier en retraite », il a laissé sa place à une nuance plus franche et à… du rouge. Tout ceci est justifiable par des courants graphiques dont on a vu les effets sur les logos précédents, mais l’ADQ pose aussi des devinettes. Pourquoi la démocratie est-elle rouge (couleur chaude) alors que l’action est bleue (couleur froide) ? Où est passé le « du » ? Et surtout, quel est cet étrange chevron qui domine le d ? À cette dernière question, on ne peut qu’avancer des hypothèses fumeuses, comme celle du V subliminal. La victoire ? La conspiration extraterrestre ? On peut aussi se rapporter aux explications de Robert Beaudoin, le président de Republik : « Sur les télécommandes comme sur les claviers d’ordinateurs, ce signe indique qu’on va vers l’avant […] Ce symbole sert aussi de caractéristique distinctive au logo ». Ce chevron serait donc la nouvelle flèche de l’ère technologique, et non une fermeture de balise comme le pensent certainement les plus geeks d’entre vous ! En tout cas, la chose pointe vers la droite, ce qui est fort logique. Elle est plus moderne mais moins évocatrice que l’antique flamme en forme de queue de paon qui ancrait l’ADQ dans une symbolique de droite stricte… Et puis l’indigeste dégradé du rouge au bleu, c’était teeellement XXe siècle !

  • En bref : moins de feu et plus de technologie, moins de parades et plus de charades !


logo QS

Québec Solidaire
Si Québec Solidaire s’est doté d’un nouveau logo, c’est qu’il s’agit d’un nouveau parti. Né l’an dernier de la fusion de l’Union des Forces Progressistes et du mouvement Option citoyenne, QS rassemble des valeurs de gauche mais doit composer avec un héritage graphique plutôt difficile à porter ! Entre le logo de l’UFP, qui semble devoir être lisible depuis la lune, et celui d’OC, manipulé par des doigts malpropres, il y avait urgence de trouver une identité ! Avec une naïveté toute communautaire, QS a lancé un concours pour résoudre cette délicate question. Disons-le tout de suite : cette façon de procéder n’a pas fait que des heureux. Si l’idée d’une collaboration ouverte est apparemment démocratique, elle cache une réalité plus sournoise : un travail graphique « gratuit » contre la promesse d’une visibilité. Du coup, la Société des designers graphiques du Québec a dénoncé la manipulation sur son blogue, et ce qui devait être une création communautaire bénévole est devenu le symbole de l’exploitation des artistes ! Engendré dans la controverse et faisant table rase du passé, le résultat est finalement l’œuvre de la firme montréalaise Rouleau-Paquin Design. Comme les autres, c’est un logo composé d’un symbole pictographique associé à un libellé typographique. Et ce picto est illustratif : il représente un personnage incomplet, sans sexe ni race, un humain penché vers la gauche (ben oui), tenant « un globe quadricolore ». Une métaphore rassembleuse autant de valeurs que d’esprits… sauf si on s’arrête au concept du jonglage qui, en politique, est rarement bien perçu ! En plissant les yeux, on retrouve dans ce signe très « maison des jeunes » le Q de Québec. Les couleurs étant mobilisées par ce presque-arc-en-ciel, le personnage et la typo de Québec solidaire restent noirs, rompant avec l’hégémonie du bleu marine. Sur le plan typographique, la fonte Dax a été retenue pour sa sobre modernité, et on n’a gardé de majuscule que pour Québec.

  • En bref : des bases toutes neuves, et un logo un peu jeuniste mais totalement rassembleur.


logo PVQ

Parti Vert du Québec
Un parti dont le nom est une couleur, c’est un bon départ pour une recherche graphique, non ? À l’instar des Libéraux, les Verts existent en dehors du Québec. Partout sur la planète, ils militent pour une reconnaissance des enjeux écologiques, depuis l’époque où le réchauffement climatique n’était qu’une audacieuse théorie. À l’instar des Libéraux, ils ont jugé nécessaire de se « localiser » visuellement en exploitant le lys québécois dans leur logo. Le résultat ressemble à une campagne de porte-à-porte en plein hiver : courageux mais pas convaincant. Respirons un grand coup, graphiquement, l’ancien logo du Parti Vert du Québec est une catastrophe. Une planète aux couleurs du Québec (les souverainistes n’en demandaient pas tant), coupée en deux comme un vulgaire avocat. Le noyau : une bouboule verte traversée par un asticot bleu. Je vais faire court au chapitre de la sémantique : zéro. Pour ajouter à la débâcle, le nom du parti ne figure pas dans le logo : double zéro. Faire mieux n’était donc pas difficile, c’est déjà une bonne nouvelle. Né d’un(e) auteur(e) inconnu(e), nouveau logo du PVQ est strictement monochrome, sans le moindre dégradé : c’est un choix clair, mais austère et peu flatteur. Le pictogramme part d’un raisonnement imparable : 1) on veut afficher le lys québécois ; 2) le lys est une fleur ; 3) notre parti est environnementaliste ; 4) rendons donc au lys son aspect végétal. Malheureusement, les bonnes idées ne font pas toujours les bons logos, et malgré ses élans, le résultat tient plus du motif pour papier peint que de l’identité partisane. Mais le pire revient au choix de la typo : une Friz Quadrata grasse et italique, une fonte classique qui a fait les beaux jours des menus de restaurants pour touristes, mais dont la concordance avec les sensibilités écolos est très, très douteuse… Bref, une image qui fleure bon le bénévolat, tellement assumée par le parti qu’elle apparaît à peine sur les affiches de la campagne !

  • En bref : bel effort mais la planète mérite mieux.

On passe au vote ? ;)

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