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Youtube/Viacom : une heureuse poursuite judiciaire

Publié par Sarah le 02/04/2007 à 13H39 sous sous Social Media

Il y a eu de l’agitation dans l’air ces dernières semaines, dans le monde la vidéo en ligne ! Viacom a décidé et a même entrepris une poursuite judiciaire dirigée contre YouTube/Google. Viacom, un des géants américain de la publicité et des médias accuse Google “d’infraction massive et intentionnelle” aux droits d’auteurs et à la propriété intellectuelle via son site YouTube. L’annonce de Viacom a eu l’effet d’une bombe auprès du grand public …
Mais pensez-vous sincérement que Google ne s’y attendait pas et avait prévu cela dans sa stratégie ? Serait-ce justement une heureuse poursuite judiciaire pour Google ?

Partons tout d’abord d’un simple constat : Google avait pleinement conscience des risques encourus au niveau de la loi en rachetant YouTube. YouTube regorgeait de vidéos protegées par les droits d’auteurs et d’exploitation : clip vidéo, extrait de films, d’émissions etc …
En rachetant YouTube, Google savait pertinemment que les propriétaires de contenus, les agences médias et les boîtes de production audiovisuelle, ne laisseraient jamais leurs contenus en libre service chez une plateforme tierce, et ce, sans contrepartie. Les dangers en termes d’image et la manne financière considérable que ceci presente intéressent grandement les médias qui peinent à rentabiliser certains canaux de diffusion traditionnels.
Bref le rachat de YouTube comportait un énorme risque légal que Google ne pouvait ignorer.

Alors, pourquoi Google se serait enfoncer dans ce “pétrin” ? Quels sont les avantages d’une telle poursuite ?

Principalement, cette acquisition se justifie sur deux points stratégiques, un sur le moyen terme et l’autre sur le long terme.
En effet, Google n’avait pas vraiment de choix et se devait d’acheter YouTube. Le marché de la vidéo en ligne est en pleine explosion, et Google, par le biais sa plateforme Google Videos accusait bien trop de retard par rapport à YouTube et MySpace, détenu par son plus redoutable concurrent, Microsoft. Google ne pouvait pas rater le train et passer à côté du potentiel énorme que représente ce marché, tant au niveau financier qu’au niveau de la visibilité.

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En effet, si YouTube n’avait pas été racheté, l’entreprise aurait du se battre seule face aux gros acteurs médias. MySpace contenant moins de contenus illégaux (le but étant de créer sa propre page) est moins enclin à se faire poursuivre. Bref, il y aurait eu une forte probabilité que YouTube ne survive pas à ces poursuites judiciaires et donc, que MySpace/Microsoft devienne le leader du marché.

L’autre principale raison s’explique sous un angle stratégique sur le long terme, et plus globalement sur le potentiel du marché : la publicité vidéo.

Et pour y arriver, le rachat de YouTube était nécessaire pour passer les étapes suivantes :

  • Devenir leader du marché du partage de vidéos
  • Garder YouTube ouvert et légal
  • Devenir l’autorité principale pour négocier la diffusion des contenus protégés avec les médias
  • Assoir cette place de leader dans le partage et la diffusion de vidéos en ligne pour devenir le principal acteur dans la publicité vidéo

En effet, Google a inscrit dans son programme ce nouveau support pour son offre publicitaire. Dans sa gamme de service AdSense, Google offre la possiblité de placer des vidéos commerciales sur des sites tiers. Google vient même de passer à la vitesse supérieur en annonçant, il y a quelques semaines, un accord conclu avec Dow Jones & Company, Condé Nast, Sony BMG Music Entertainment.

Affaire à suivre !

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2 commentaires

Sofiane le 04/04/2007 à 04H52

Je pense aussi que c’était un bon moyen pour Google de stopper la prolifération des sites de vidéo en ligne suceptibles de leur grignotter des parts de marché : maintenant tout le monde a peur de se faire attaquer et donc renonce à la diffusion de vidéos dont ils n’ont pas les droits ce qui est, bien entendu, le seul et unique moyen de lancer ce type de site au début.

Tous les nouveaux sites vidéo 2.0 sont peu regardants sur les copyrights au début et se posent la question après avoir atteint une taille critique. Aujourd’hui, tous les ayant droits de la planète vont se réveiller, et attaqueront tous les sites, même petits, qui s’y risqueront.

Encore une fois bravo à big google qui a su ingénieusement profiter de sa trésorerie pour truster un marché en plein essor

(Au passage, Myspace appartient à News Corp, le groupe de rupert murdoch)

Sarah le 05/04/2007 à 08H00

Oups … J’ai toujours associé MySpace à MSN/Microsoft… autant pour moi :)
Par extension, je me pose plus la question du fondement des royalties… Certes tu es remunéré pour ta création, mais lorsque celle-ci tombe dans le berceau culturel, il me semble que cela se transforme donc en bien communautaire… Mais bon ceci est un autre débat :)
Merci pour tes précisions Sofiane !

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