Elections fédérales 2011 : Les partis politiques sur le web

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Posté par Lydie Padilla à 10:12

En vue des élections fédérales du 2 mai prochain, Guillaume Bouchard et Nathalie Berger d’Idéactif ont rencontré Carole Aoun @Surleweb à Radio-Canada  pour une entrevue exclusive sur les partis politiques et leurs sites internet.

Usabilité, réseaux sociaux, activités des partis sur le web, il s’agissait d’évaluer tant les plateformes que les canaux de communication employés. Si les partis sont désormais présents sur Facebook, Twitter, Flickr ou YouTube, ils s’appuient beaucoup sur leur site officiel. Mais, surtout, nous verrons ce qui pourrait être optimisé pour les élections de 2015, où l’on suppose que le web jouera un rôle toujours plus important dans le choix des électeurs.

Les partis politiques sur la toile aujourd’hui


Le web est une source croissante d’informations et les ventes de la presse traditionnelle en pâtissent depuis quelques années. Or, les élections semblent être toujours la chasse gardée de la presse, désormais sur le web, la preuve en est son omniprésence dans les résultats de recherche sur les requêtes relatives aux termes de campagnes.

Les sites des partis politiques en décalage avec les concepts du 2.0

Dans l’ensemble, les sites des partis sont plus ou moins ergonomiques. Cependant, celui du Bloc Québecois souffre de quelques écueils mais a développé l’idée intéressante d’une section « La campagne en un coup d’œil » : l’information claire et rapide n’étant pas toujours évidente à trouver sur les sites politiques.

Dans l’ensemble, les sites proposent une communication à sens unique et peu osent l’instauration d’un dialogue participatif de type 2.0. Les sites des partis politiques sont encore très orientés web 1.0, avec une diffusion d’informations qui n’attend pas de réactions des internautes.

En général, s’il y a des initiatives vers l’échange, elles demeurent isolées et non partagées par tous les sites, ce qui démontre l’absence de familiarité et éventuellement la méfiance des partis politiques envers l’Internet. En effet, seul le PPC ose avec sa section ‘Nation bleue’ et seuls le BQ et le Parti vert disposent d’un blogue dans lequel les commentaires sont autorisés et publiés.

Le NPD est également le seul à proposer des applications IPhone et IPad et propose un lien direct vers la page de téléchargement.

Si l’on s’intéresse aux comptes Twitter et pages Facebook,  on remarque l’amalgame presque systématique entre le chef de parti et le parti lui-même, ce qui n’est pas idéal dans la transparence des communications.

Le fait est que la politique est soumise aux lois du calendrier et au concept de ‘campagne’ mais on remarque grâce aux données de PoliTwitter.ca (un site aggrégateur de comptes twitter des représentants politiques canadiens) que certains partis demeurent plus présents que d’autres mais que tous augmentent leur présence à l’approche de l’échéance électorale.

Ainsi, de mai 2009 à maintenant :

politwitter

MP = membre du Parlement
MLA = membre de l’Assemblée

De manière générale, les membres du parlement (MP) sont relativement présents sur Twitter (plus de la moitié). Ceux avec un plus fort taux de pénétration sont les libéraux, avec moins de représentants répertoriés sur Twitter que les conservateurs (67 vs 94) mais ils sont les plus populaires (+20% de fans par rapport aux conservateurs). Le NPD suit les mêmes tendances que les Libéraux (moyenne de 3,180 followers par MP vs 3584 pour les Liberaux et un petit 2097 pour les Conservateurs), mais ils sont pénalisés par leur petit nombre de représentants. Pour ce qui est du Bloc, il pêche un peu par sa « geolocalité ». Il est aussi bon dernier pour le taux de pénétration d’utilisation de Twitter par ses MPs.

Des achats de mots clés bien timides

A quelques jours des élections, on a pu remarquer quelques annonces sponsorisées bien timides sur les requêtes ‘campagne électorale’ ou ‘élections fédérales 2011’ ou encore ‘pour qui voter’.
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Pourtant, en matière d’annonces sponsorisées, les possibilités sont grandes, notamment dans un secteur aussi concurrentiel que la politique, en particulier, l’achat de mots clés négatifs ou ceux des partis adverses.

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Les sites des partis politiques que l’on espère sur le web en 2015

En tant que SEO, mon réflexe a été de penser en matière de mots clés pour évaluer la présence des partis politiques sur les moteurs de recherche, avec la grande dichotomie entre les mots clés ‘de marque’ et ceux dits génériques.

Là encore, je pensais trouver les sites des partis politiques sur des requêtes aussi évidentes que ‘campagne électorale’, ‘programme électoral’ ou ‘élections fédérales’. La réflexion peut également être poussée plus loin et imaginer une véritable recherche de mots clés autour des thèmes relatifs au programme du candidat, de la santé à l’emploi, l’éducation ou l’économie. Ainsi, son parti serait présent sur des thèmes pertinents, susceptibles d’aller chercher l’intérêt des électeurs,     au cœur de leurs préoccupations véritables.

Et pour les sites des partis, c’est une réelle opportunité de connaître leur cible, grâce aux choix de KPIs et l’analyse de leurs visites et des conversions générées (nombre de formulaire de contact envoyé par exemple.)

Il  y a ainsi sur le web un marché vacant pour les sites des partis politiques. Cela suppose notamment pour ces acteurs la gestion permanente du site du parti et non son utilisation comme une vitrine d’une activité qui n’existe pas sur le web (tournées, visites de circonscriptions etc). On sait désormais que l’activité des internautes est là, comme l’a montré Michelle Blanc dans son post du 27 avril, il ne reste qu’à l’exploiter, grâce à la production de sites optimisés pour les moteurs de recherche, et surtout l’existence d’un véritable discours sur les réseaux sociaux.

Les sites politiques offrent de l’information, des vidéos, des articles, des tweets, des mises à jour continuelles en période d’effervescence électorale. Cependant, les internautes sont condamnés à un silence auxquels ils ne sont pas habitués sur de tels canaux de communication. Les marques, qu’elles soient de notoriété mondiale ou locale, les ont habitués à leur demander leur avis, à leur soumettre de nouveaux produits pour approbation, elles sont en droit d’attendre de pouvoir faire de même quand à la politique.

Mais c’est là où le bas semble blesser : le débat sur « la politique est trop sérieuse pour être commentée, jugée par des citoyens internautes non représentatifs ? » semble toujours vivace, sans quoi les internautes auraient déjà ce droit.



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