
« Beyond Petroleum » (Au-delà du pétrole) tel est le slogan du géant pétrolier BP qui fait l’objet de nombreuses controverses depuis le 22 avril 2010 où une nappe de pétrôle s’est déversée le long des côtes de Louisianne sur une distance de 74 000 km2. Cette catastrophe est surnomée le «11 septembre écologique» selon le président Obama. Comment l’entreprise gère-t’elle cette crise? Comment les internautes ont-ils réagi sur la toile?
10 000$ investi en PPC
Le groupe pétrolier mène depuis le début une campagne massive en référencement payant (Pay per click) sur le mot-clé «oil spill». En effet, BP achète des liens publicitaires sur Google et Yahoo pour un montant de 10 000 dollars par jour selon le journal le Figaro. Ces sommes dépensées sur les moteurs de recherche permettent au géant pétrolier de contrôler les recherches des internautes afin de les insciter à cliquer sur des liens sponsorisés achetés à cet effet.
Dans une vidéo, CNN dénonce le contrôle qu’exerce BP sur les médias en ligne ainsi que l’attitude de Google, Yahoo et Bing qui acceptent de biaiser l’information car nombreux sont les internautes qui cliquent sur des liens commerciaux sans le savoir. Un avis certes intéressant mais à nunacer. En effet, les liens commerciaux sont toujours mentionnés à droite du lien et ils apparissenent souvent sur fond jaune. Avec cette distinction, on ne peut pas accuser les moteurs de recherche de biaiser l’information. Le PPC est une façon pour l’entreprise de limiter les dégâts à sa réputation et d’au moins pouvoir donner sa version des faits aux gens. Malgré une campagne PPC massive, BP ne peut pas contrôler les résultats issus de la recherche organique qui représentent en moyenne 80% du trafic.
BP a également mis en place une large campagne de communication surnommée «Deepwater Horizon Response» avec la création d’un groupe Facebook du même nom qui a pour but de coordonner les efforts déployés par le géant pétrolier afin d’arrêter la marée noire et de nettoyer les millions de gallons de pétrole qui ont tué 11 personnes. Plus de 35 000 internautes sont devenus fans du groupe.
BP joue la carte de la transparence avec une vidéo montrant l’étendue de la marée noire, celle-ci a généré plus de 2 millions de vues sur Youtube. Les internautes ont également été invités à émettre leurs avis sur la situation tout en proposant des solutions pour nettoyer la catastrophe.
Malgré ces mesures, la colère des internautes est grande, ces derniers ont utilisé les médias sociaux dans le but de critiquer et de boycotter le géant pétrolier.
Les médias sociaux contrôlés par les internautes
Internet a été immédiatement pris d’assaut par les internautes. Le faux compte Twitter @BPGlobalPR a été créé pour dénoncer l’action de BP, il a attiré plus de 169 000 abonnés en quelques jours seulement. Ses tweets ne sont pas à l’avantage de l’entreprise. Le fondateur de ce compte se dit employé de BP en charge des relations publiques du groupe, retrouvez son interview assez satirique sur le site Mashable. Fort de sa soudaine popularité, le compte @BPGlobalPR arrive en premier sur les moteurs de recherche devant @BP_America. et @BoycottBP. La réputation du groupe pétrolier est donc menacée. Le site Business Insider propose une sélection des 15 meilleurs tweets de @BPGlobalPR, en voici quelques uns :


Mais ce n’est pas tout, les internautes ont aussi investi la plateforme Facebook avec le groupe BOYCOTTbp qui compte 630 528 fans ainsi que No BP for ME (10479 fans). Des T-shirts avec le logo “BP sucks” ont eté mis en vente, ils ont très vite été en rupture de stock. La société américaine jess3 a même créé un plugin Black Oil compatible avec le navigateur Firefox où les lettres BP se remplacent sur l’écran par des tâches de pétrole dégoulinantes.

L’organisme Greenpeace a lancé un concours sur Flick invitant les internautes à créer leur propre logo de BP, 558 logos ont déjà été proposés. Cette vidéo BP face aux situations de crise a également été réalisée pour parodier la réaction de BP, plus de 6 millions du vue sur Youtube en 6 jours.
Malgré ces contestations, la gestion de crise opérée par BP s’avère efficace puisque l’action BP tient le coup à la Bourse de Londres en prenant +0,6% s’élevant à 32,04 dollars jeudi 17 juin. Les dirigeants de BP ont annoncé la semaine passée qu’ils allaient verser la somme de 20 milliards de dollars pour indemniser les victimes. Cette catastrophe écologique relance le débat au sein de la classe politique américaine sur l”interdiction du forage en mer.
Et-vouz, que feriez-vous si vous étiez responsable des relations publiques en ligne de BP ? Démissionnez n’est pas une option, le débat est ouvert.
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