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Comment ruiner un design Web

Publié par Olivier le 28/03/2007 à 13H47 sous sous Design Web

J’ai déjà eu l’occasion d’écrire tout le bien que je pense du très polyvalent Matt Inman, voici donc l’adaptation de How to Ruin a Web Design - The Design Curve, un article court mais brillant qu’il a publié sur le blog de SEOmoz. Attention : humor anglo-saxon !

Dans le monde des webdesigners, il existe un théorème méconnu selon lequel la qualité d’un design est inversement proportionnelle au nombre d’intervenants non qualifiés impliqués dans sa conception. Ce théorème s’applique également au temps passé à disséquer, analyser et critiquer la création naissante.En effet, la présence d’imbéciles rend l’intelligence collective multiplicative : un demi cerveau + un demi cerveau n’égale pas un cerveau complet, mais un quart de cerveau (1/2 + 1/2 = 1/4). Additionner un cerveau complet et un demi cerveau ne donne encore qu’un demi cerveau. Plus nombreux sont les « intervenants non qualifiés », moins nombreuse est la matière grise.

Voici deux schémas qui illustrent cette funeste théorie…

courbe_du_design_1.gif

courbe_du_design_2.gif

Définition de la notion « intervenants non qualifiés »

  • Ceux qui n’ont jamais rien créé de visuel (ni Web, ni imprimé, ni rien) ;
  • Ceux qui pensent que le style de 1996 est encore hot ;
  • Tout ceux qui n’ont ni jugement ni compétence graphique, mais qui profitent lâchement de leur position d’influence pour imposer leur opinion ;
  • Les « experts » autodidactes qui « surfent » depuis « longtemps » et « s’y connaissent ». Mieux que vous, d’ailleurs.

Mais alors… qui sont les « intervenants qualifiés » ?

  • Ceux qui sont équipés d’un bon Å“il graphique (deux recommandés), quelque soit leur métier ;
  • Les experts en usabilité et en ergonomie (expérience bienvenue) ;
  • Tout ceux dont la critique est constructive, qui sont capables d’aller au-delà du « j’aime pas trop » ;
  • Ceux qui vous ont choisi parce que VOUS êtes graphiste, et que, même s’ils sont les mieux qualifiés pour leurs affaires, c’est VOTRE mission de sortir un design de qualité.

OK, mais passer du temps sur une nouvelle création, c’est la bonifier, non ? Pas nécessairement. Ce qui peut arriver de mieux à un design, c’est de se laisser oublier quelques heures – quelques jours ? -, de dormir tout un week-end au fond du répertoire d’un ordinateur éteint, et de ressurgir devant les yeux ébahis d’un petit nombre de personnes, dont vous ! S’il est bon, vous le saurez.

Sinon, trouvez vite un coupable !

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12 commentaires

Guillaume le 29/03/2007 à 00H21

La bonne nouvelle: travailler de pair en SEO / SEM / SMO est une courbe inversée… Bosser à 10-15 référenceurs ensemble sur un projet, ça serait vraiment chouette… Imaginez à 25-30 collaborateurs sur Go-Ref ;)

pyc le 29/03/2007 à 03H08

Je ne pense pas que ce soit un probleme de personnes qualifies vs. personnes non-qualifies… un peu sectaire comme approche. C’est le simple probleme du nombre. Plus il y a d’intervenants dans un projet-design plus le nombre de fonctions s’envole. C’est le syndrome Microsoft (a comparer avec Apple). A Lire.
A part ca je decouvre le site… je le mets ds mon reader Google sur le champ! Have a nice day guys!

ZebX le 29/03/2007 à 03H42

Mon Dieu !!! LOL
Du vécu à la virgule prêt et dans de multiple corps de métier.

Dans mes bras ;)

Olivier le 29/03/2007 à 05H46

pyc : effectivement, c’est un jugement un peu caricatural mais ça défoule ! Mieux : ça fait sourire ! En passant, c’est très rafraîchissant d’avoir l’opinion d’un designer industriel : autre type de production, même contraintes. Je retournerai voir ton blog.

zebx : j’espère que tu ne vis pas ça tous les jours ! En tout cas, moi aussi j’ai reconnu une erreur classique dans cet étrange théorème…

kells le 29/03/2007 à 12H14

totalement d’accord avec cette vision qui est loin d’être si caricaturale que ça. Cela ressemble à du vécu d’entreprise et ça pourrait rentrer dans l’univers de Dilbert ;-)

cricrizebest le 03/04/2007 à 02H27

Cricri, Gérant d’une WebAgency. Tellement vrai. Combien de fois, un ingénieur informaticien (fraîchement promu par l’achat d’un P4 dual core à Auchan le week-End dernier) a mis son nez dans le projet et a cassé tout le truc en ajoutant des fonctionnalités que finalement personne n’utilisera. Ou, une WebDesigner (Microsoft Word 2003 approved) nous a été mise dans les pattes afin de nous montrer le design à utiliser pour le site de son patron, en fait une secrétaire qui passe son temps sur meetic et msn. Ne parlons pas du Fils du patron (plus souvent, le fils de la patronne) qui va faire des études de webmaster plus tard, ‘‘parce que vous savez il est doué, il passe son temps sur l’ordinateur (splinterCell et Doom 3D) alors si cela ne vous dérange pas il va vous aider’’. Ben oui mon collaborateur qui cause le Flex2 et l’actionScript3 comme père et mère, rêve de se goinfrer le nain pendant une après midi et disserter avec sur le bien fondé d’insérer des Gifs animés ou bien alors des ClipArts dans les pages dynamiques (Ben ouais, les pages dynamiques, fo ke ça bouge, d’ou, clip arts et Gifs animés).

CricriZeBest ;-)

Sholine le 04/04/2007 à 07H18

Juste pour le plaisir de pinailler :
1/2 + 1/2 n’est pas égal à 1/4, mais bien à 1.
Par contre, et je pense qu’une coquille s’est glissée dans ton article,
1/2 x 1/2 est bien égal à 1/4…

Il faudra revoir le programme de math de 4ème là quand même ! ;-)
Aller, sans rancune, j’ai bien rigolé à lire ton article…

Olivier le 04/04/2007 à 08H10

Sholine : tu as mis le doigt sur ce qui différencie un théorème créatif d’un banal théorème mathématique ! ;)

scalpel le 04/04/2007 à 21H57

Pour faire du pouce sur l’opinion de pyc, le problème peut également être la définition des rôles. Le joueur d’avant compte des buts et le gardien n’est pas jaloux : il a un rôle tout aussi important à jouer. De plus, dans tout travail d’équipe, une hiérarchie dans la prise de décision nous évite souvent le problème du «trop de chefs, pas assez d’Indiens ». Il est donc bon d’élire un responsable créatif, qui aura à amasser l’ensemble des commentaires et recommandations (souhaits du client, aspects techniques, esthétique, ergonomie, etc.) et de trancher lors des contradictions. Trop de sabotages sont dus au manque de cohérence et proposent en fin de compte, un site Web dilué, sans positionnement clair. Un site qui semble avoir été fait pour plaire à tout le monde impliqué dans le projet. Un genre de mélange brun des goûts personnels de tous et chacun. Et qui peut remplir ce rôle adéquatement? Un stratège? Un DA? Un programmeur? Un gestionnaire? En fait, à mon avis, toutes ces réponses sont bonnes, si cette personne détient une bonne expérience dans ce type de projet, se préoccupe des objectifs à atteindre et qu’il respecte profondément le rôle de chacun. Celui qui croit que le DA est le mieux placé pour établir le look du site, et que le programmeur est qualifié pour choisir la technologie à utiliser en fonction des besoins, sera généralement à même de trancher avec justesse et clairvoyance.

Olivier le 05/04/2007 à 08H00

Bonne sythèse, scalpel.

J’ajouterai qu’en plus des compétentes respectives, la personnalité de chacun entre en jeu. Pensez à la notion d’autorité, qui ne se répartit pas également. On connait tous ce qu’on appelle ici un “boss des bécosses”, un petit chef qui travaille son autorité comme un chien qui se fait les dents. À l’opposé, d’autres cultivent le doute - je suis bien placé pour le savoir - et peinent à défendre leur point de vue.

En définitive, le travail d’équipe comporte presque autant de risques que de bénéfices…

gus le 29/11/2007 à 12H37

J’ai bien rigolé, ça pue le vécu tout ça :)

Mes deux sous de pinaillage :
Cependant, un (web)designer n’est pas un graphiste ! Son champ de compétence inclus le graphisme, mais c’est beaucoup plus que cela quand même. Un webdesigner est aussi un architecte de l’information, un praticien de l’ergonomie.
Le réduire à un rôle de “styliste” serait un peu dommage.

happyshark le 06/02/2008 à 12H08

Perso, qq qui ne sait pas découper un site et donc garder le coté esthetique en explosant une charte graphique n’a pas sa place aujourd’hui…mais helas c’est souvent le client finale qui va s’en charger directement. Tout les gouts sont dans la nature et le mauvais en fait parti ..dommage car cette equation soit trop realiste et dégoute bien souvent plus le designer que le client lui meme.

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