6 leçons à tirer du mauvais design web des partis politiques canadiens

cacfd3
Posté par Nicolas Cossette à 16:54

Nous sommes toujours en période électorale au Canada et force est de constater le rôle prépondérant que prend le Web dans l’actualité politique. De l’oiseau vrituel déféquant sur l’épaule du chef de l’opposition à la viralisation du clip dénonçant les coupures dans le secteur de la culture, les activités en ligne des partis en campagne semblent faire réagir davantage que leur campagne sur le terrain.

Il y a une dizaine de jours, Francis publiait sur ce même blog une analyse du référencement des sites des partis politiques fédéraux. Nous répétons aujourd’hui l’exercice, cette fois-ci en examinant le design et l’ergonomie des sites des principaux partis. De fait, Julie Babin, directrice artistique chez NVI, révèle aujourd’hui une liste de leçons à tirer du mauvais design des sites de partis politiques canadiens.

1- Personnaliser votre interface
La première impression que les visiteurs ont d’un site est davantage établit par le design du site (look and feel) que par les contenus du site. Par conséquent, l’utilisation des templates peut convenir aux sites personnels ou amateurs, mais dans le cas d’un site commercial ou profesionnel, il convient d’abord de personnaliser l’interface afin d’apporter un maximum de crédibilité au site. En effet, un site non personnalisé aura souvent l’air davantage d’une application ou pire encore, d’un texte mise en page dans un logiciel de traitement de texte.

Parti Conservateur website
Le site du parti conservateur est un bel exemple d’un site qui semble être directement recyclé du sous-sol d’un des amis du parti. Pour un parti qui aspire à diriger le pays pour les années à venir, nous sommes en droit d’espérer davantage que ce look ‘made in 2001 | designed with Corel Draw’. On suggère alors aux Conservateurs d’améliorer leur branding et de proposer un graphisme à l’image des valeurs qu’ils souhaitent véhiculer.

2- Faire une utilisation judicieuse du Flash
Que ce soit pour ajouter du dynamisme à votre site ou pour mettre en évidence certains éléments de votre design, les animations Flash doivent être utilisées de manière judicieuse. Avant de choisir d’intégrer une animation Flash à votre site, il convient de s’interroger sur la réelle valeur ajoutée qu’apportera ce nouvel élément. Le site des Libéraux illustre à merveille ce propos.

Parti libéral website
Dès notre arrivée sur le site des Libéraux, on nous accueille avec une animation Flash accaparant la majeure partie du design sans toutefois apporter quoique ce soit à l’expérience utilisateur. Il est aussi très curieux de constater que lorsque notre souris survole la zone en Flash, contrairement à la logique (au lieu de prendre de l’expension) l’image ici se retrécit. Ensuite, lorsque nous cliquons sur l’animation, nous aimerions avoir une vague idée d’où nous allons atterir, ce qui n’est vraisemblablement pas le cas ici. Définitivement, on aurait aimé plus de clarté de la part des Libéraux.

3- Rendre les zones cliquables facilement identifiables
Plusieurs raisons justifient la maximisation et la bonne identification de la taille de la zone cliquable des liens. D’une part, chaque visiteur appréciera qu’on lui démontre clairement quels sont les éléments lui permettant de naviguer dans le site. D’autre part, les boutons servent également à améliorer l’accessibilité aux personnes ayant des troubles moteurs. Dans cet ordre d’idées, les concepteurs du site libéral auraient avantage à prévilégier des boutons plus clairement identifiables pour leur barre de navigation horizontale. En somme, lors de la conception d’un site, il faut garder en tête que la navigation a un avantage certain à être facile et évidente plutôt qu’être approximative et instinctive.

Parti libéral menu

4- Optimiser votre contenu dans l’espace
Un contenu bien structuré permettra de sauver de l’espace tout en améliorant la présentation visuelle. Dans l’exemple ci-bas du site conservateur, le contenu semble flotter sur une page blanche. Le visiteur perspicace se demandera si l’image ‘leadership’ est une bannière ou plutôt le titre de la page? Les zones de texte dépassant plus de 700/800 pixels sont quant à elles difficiles à lire et devraient idéalement être limitées à 500/600 pixels. On se demande aussi à quoi les images sont associées. Bref, le site bénéficierait grandement d’un contenu structuré et hiérarchisé.

stephan harper vide

5- Le branding: trop c’est comme pas assez
Bien qu’il faut certainement adapter votre design à votre message, il faut aussi faire attention de ne pas en mettre trop. Il importe alors de porter une attention particulière à l’utilisation que vous faites de votre logo ainsi que de vos couleurs corporatives. Si l’on juge timide l’utilisation de la couleur rouge chez les libéraux, on remarque chez le NPD une surrabondance du visage du chef Layton ainsi que du mot LEADERSHIP sur la page principale du site du NPD. De fait, 4 fois la face du candidat dans l’espace d’environ 500 pixels, et ce, sans même avoir à scroller, tout ça semble réellement abusif. Dans un même ordre d’idées, on remarque que l’utilisation du background orange du site met à l’avant plan le contenant du site plutôt que son contenu: la couleur orangé portant ici une ombre certaine au site.

site internet jack layton

6- Gardez une cohérance dans votre design
Une fois votre contenu structuré, personnalisé et brandé, il importe alors de garder une certaine cohérence dans votre design. Ainsi, une uniformisation du design de vos boutons s’impose: il ne faut surtout pas que chacun des éléments de votre site ait l’air d’avoir été designé par des personnes différentes. À cet effet, le site du Bloc montre dans sa colonne de gauche plusieurs boutons du type ‘call to action’ qui présente chacun un visuel différent. Si l’utilisation de l’effet trash menant vers le blogue du parti paraît douteuse, on s’amuse en tentant de se remémorer la dernière fois qu’on a vu du texte écrit à la verticale employé dans un design (voir la banderole rouge ‘élections 2008′ en dégradée à l’extrême gauche du site)

blogue quebecois

On constate finalement que la plupart des partis auraient avantage à investir dans le design et l’ergonomie de leur site, nous sommes en effet très loin de ce qui ce fait chez nos voisins du sud.

Mise à jour: l’organisme AccessibilitéWeb propose une étude exhaustive sur l’accessibilité des sites de partis politiques canadiens.



Articles relatifs :


Tags :

design, élections, partis, politique, web



Trackbacks



7 Commentaires

  • Tristan Jacquel a dit le 26 septembre 2008 à 04:14 :

    C’est assez surprenant de constater à quel point le design de l’ensemble des sites présentés est perfectible. A quoi tient cet amateurisme systématique dans la réalisation de ces sites de campagne ?

  • nicolask7 a dit le 26 septembre 2008 à 07:26 :

    @Tristan: la cause est probablement une incompréhension du Web en général. On constate qu’il devient de plus en plus facile technologiquement de créer des sites, cependant cette facilité ne garantie en rien une qualité dans le travail exécuté

  • Serge a dit le 26 octobre 2008 à 19:14 :

    Je suis assez d’accord avec l’analyse, sauf pour ce qui est du site du NPD. Je l’ai trouvé de loin le plus aboutis et il fait passer le messages simplement et rapidement. Honnêtement, je ne pense pas que les électeurs passent des heures sur ces sites. Au mieux ils y vont reste une minute et s’ils n’ont pas été convaincu ils s’en vont.

  • nicolask7 a dit le 26 octobre 2008 à 19:45 :

    @Serge: effectivement, le site du NDP est probablement le moins pire des 4 étudiés

  • J-MMercier a dit le 26 novembre 2008 à 18:34 :

    Merci Nicolas pour ce petit cours pertinant. Je viens d’acquérir une bonne notion d’évaluation des sites web et je pourrai les analyser avec un nouvel oeil.

  • Sylvain Saucier a dit le 12 décembre 2008 à 13:42 :

    Je crois que cela représente bien les problèmes des partis politiques actuels. C’est d’abord une question de culture et de génération. Les partis politiques représentent surtout les babyboomers et leurs idées, la relève étant presqu’inexistante. Les politiciens sont appelés à fournir une vision d’avenir qu’il ne peuvent pas toucher maintenant car ils ne comprennent pas complètement toutes les implications des nouvelles technologies.

    Nous manquons de jeunesse dans notre classe politique et ça paraît.

  • oméga a dit le 15 mars 2009 à 08:45 :

    Merci pour ces conseils à partir de l’exemple des sites des partis politiques. Des conseils concrets qui vont m’être bien utiles.

Commentez cet article