Les mutations du métier de journaliste

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Posté par Alexandra Bonan à 09:20

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L’avènement des médias sociaux a bouleversé le métier de journaliste. Aujourd’hui, de nouveaux termes ont fleuri sur la toile : on parle de personal branding, crowfounding, journaliste participatif… Il devient indispensable pour un journaliste de se faire un nom sur les réseaux sociaux qui repose sur la légitimité. Qu’est-ce qu’être journaliste aujourd’hui? Tel est l’objet de mon analyse.

La réputation sur Internet : OUI mais attention aux dérapages

Pour construire une réputation sur le net, il faut avoir à l’esprit la notion de personnal branding, il s’agit de votre signature sur la toile par le biais de vos tweets, des articles postés sur votre blog, des messages sur Facebook et de votre LinkedIn. Se montrer actif sur lae web est devenu incontournable pour un journaliste, celui-ci doit interagir avec son lectorat dans le but de créer une communauté. Mais attention à bien rester vigilant à son identité numérique. Un simple dérapage sur le net peut prendre des proportions incommensurables.

Souvenez-vous il y a quelques semaines de l’affaire Clotaire Rapaille, le Madoff du marketing. Celui-ci a fait l’objet d’une controverse à la suite d’irrégularités dans son CV. Cela lui a valu la fin de son contrat avec la ville de Québec pour laquelle il était embauché en tant que consultant marketing. Quelques minutes après que l’affaire soit rendue publique, les tweets ont afflué sur la toile à l’encontre dudit escroc :
« Windows 7, c’est moi #cvrapaille »
« si javais construit les tours jumelles on en serait pas là #cvrapaille »
« Chuck Norris c’est ma petite soeur… #cvrapaille » …

Après toutes ces critiques, Clotaire Rapaille va avoir beaucoup de difficulté à se refaire un personnal branding. Son manque de légitimité et d’honnêteté lui aura coûté sa carrière.

Les nouvelles approches du métier

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La profession de journalisme est en pleine mutation car les gens consomment différemment. En effet, le consommateur d’aujourd’hui va davantage suivre l’actualité sur des sites de presse accessibles gratuitement plutôt que d’acheter le format papier. L’internaute est plus averti qu’avant, il est influencé par son réseau à travers ses mails, ses tweets, ses flux RSS… Il donne son avis et il peut aussi produire de l’information. C’est ce qu’on appelle le journalisme participatif. Sous prétexte que l’information est accessible à tous, certains vont prétendre être journalistes et diffuser de la mauvaise information.

Face à ce constat, les journalistes doivent faire preuve encore plus qu’avant de contrôle de l’information. C’est ce qu’explique Janic Tremblay, journaliste chez Radio Canada : « Chez Radio Canada, la légitimité de l’information fait partie des valeurs que nous défendons. Tous nos reportages sont lus et vérifiés par des chefs de pupitres avant d’être validés par toute l’équipe ».

Le crowdfunding fait aussi partie d’une nouvelle approche émergeante. David Cohn, journaliste californien de 27 ans, est à l’origine du site Spot Us. Le concept est simple : des journalistes proposent des sujets d’enquête en indiquant le budget nécessaire et c’est aux internautes de financer les articles qui les intéressent. C’est une forme de journalisme à la demande, les gens payent ce qu’ils ont envie de lire. Cette formule a déjà généré plus de 40 000$ en dons et une quarantaine d’enquêtes mais le site n’est pas encore rentable contrairement à Mashable. Ce blogue, fondé par l’écossais Pete Cashmore en 2005, traite des réseaux sociaux et du web 2.0. Avec plus de 12,5 millions de visites par mois, il fait partie des blogues les plus rentables du monde, entièrement financé par la publicité.

Comment un journaliste exerce-t’il son métier aujourd’hui?

Telle est la question que j’ai posée à Janic Tremblay et Nour-Eddine Zidane (non pas de liens de familiarité avec le footballeur) respectivement journalistes pour Radio Canada et Radio France. Ils ont tous deux participé à l’émission Huit clos sur le net en février dernier.

Journaliste depuis plus de douze ans, Janic Tremblay s’est rendu compte du potentiel de Twitter qu’il utilise au quotidien dans son travail : « Twitter est une source d’information complémentaire et un outil de socialisation. On tweet pour se tenir au courant, pour alimenter son réseau sans donner notre opinion. Chez Radio Canada, nous avons des normes et pratiques journalistiques les plus sévères dans le milieu, on ne peut donc pas donner son avis sur n’importe quoi ». Janic considère Twitter comme un formidable média pour diffuser de l’information : « J’essaye de tweeter utile. Les médias sociaux sont un outil de travail, une façon d’être en lien avec nos lecteurs, je ne pense pas qu’un jour, je ferais mon bulletin de nouvelles avec Twitter ». Les médias traditionnels auront toujours leur place, leur défi est d’utiliser les réseaux sociaux comme alliés : « Sur une base quotidienne, c’est beaucoup plus facile de s’en remettre aux médias traditionnels pour savoir ce qui se passe dans le monde, la presse écrite aura toujours sa place ».

Nour-Eddine Zidane aussi se nourrit des médias sociaux dans son travail. Il passe environ 4h par jour sur Twitter, il a plus de 600 followers : « Twitter est aussi un outil d’alerte que les journalistes doivent intégrer dans leurs méthodes de travail, en plus des dépêches d’agence, de la presse traditionnelle mais aussi des blogs. (…) Le lien direct internautes/journalistes doit nous permettre d’être plus réactifs sur  l’information de proximité ». Il utilise Twitter de façon stratégique : « J’essaie de tweeter lorsque je suis sur un reportage pour apporter de l’info ou lors des tournois de soccer par exemple. Je ne tweet pas pour accroître ma visibilité sur le net! En revanche, j’utilise principalement Facebook de façon ludique pour relayer une info amusante ou communiquer facilement et collectivement avec mes amis. Par ailleurs, j’y trouve aussi un intérêt sur le plan professionnel, je lance des “appels à témoins” car mon réseau est composé de 850 amis. C’est un moyen rapide et souvent efficace de trouver quelqu’un pour illustrer mes reportages ! »

En tant que journaliste, il est indispensable de toujours vérifier et d’analyser l’information que l’on reçoit. Aujourd’hui, les médias sociaux font partie des enseignements indispensables aux étudiants en journalisme c’est le cas à l’université de Columbia, à New York. Le métier de journaliste n’est donc pas menacé par les médias sociaux, au contraire, il évolue et il devient complémentaire.

Je vous invite à visionner l’interview de Sylvain Lafrance, VP chez Radio Canada qui nous donne son point de vue sur le métier de journaliste aujourd’hui.



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Blog, facebook, internet, interview, journaliste, médias sociaux, twitter, Web 2.0





7 Commentaires

  • http://www.go-referencement.org/ a dit le 14 avril 2010 à 13:51 :

    Lool, on commence à s’apercevoir des points d’interrogations et de l’analyse…

    Keep Going

  • guitouxx a dit le 16 avril 2010 à 16:52 :

    Et oui il est évident que ce métier doit, tout comme les autres métiers, s’adapter aux nouvelles technologies, ce qui entraine de profondes mutations comme dans les autres métiers. A ceux qui l’exercent de s’adapter, sinon ce sera direction pôle emploi lol..
    Pour ceux que celà intéresse, les meilleures news de l’actualité en temps réel

  • Louis_Dea a dit le 17 avril 2010 à 15:23 :

    Je trouve un peu dommage que les journalistes chez Radio-Canada n’aient pas la possibilité de donner leur opinion personnelle et de commenter sur tous les sujets qu’ils voudraient. Cela va totalement dans le sens contraire de la notion du «personal branding» non?

    J’ai l’impression que plusieurs compagnies veulent pouvoir dire à la population : «Oui, on fait partie de la nouvelle mode des réseaux sociaux» mais qu’en fait, nous, les auditeurs et les suiveux Twiterriens n’avons pas le droit d’entendre leur opinion.

    Suis-je dans le champ avec cette affirmation?

  • Remi Turcotte a dit le 19 avril 2010 à 09:35 :

    Salut,
    voici un excellent outil pour les bloggeurs journalistes:
    http://labs.wordtracker.com/seo-blogger/

  • Alexandra Bonan a dit le 19 avril 2010 à 10:41 :

    @ Louis : salut Louis, oui effectivement, se forger un personnal branding, c’est clairement donner son point de vue et partager ses opinions avec son auditoire sur la toile. Ce que veut dire Janic Tremblay dans son interview c’est qu’en tant que journaliste chez Radio Canada, il a une certaine éthique à respecter et il ne peut pas parler au nom de Radio Canada sur n’importe quels sujets.

    Il y a certaines entreprises qui utilisent les médias sociaux à des fins promotionnels, on utilise ces médiums comme un moyen détourné pour promouvoir ses produits. En revanche, d’autres entreprises prennent réellement en compte l’avis des internautes : le cas de Dell par exemple qui à la suite d’une baisse de popularité a créé une stratégie sur les médias sociaux pour donner la parole à ses clients.
    Le cas de Strabucks, de Toyota, nombreuses sont les marques qui écoutent de plus en plus leur auditoire et ce, grâce aux médias sociaux.
    J’espère avoir répondu à ta question. Au plaisir, Alexandra.

  • lpdea a dit le 19 avril 2010 à 20:07 :

    Oui merci beaucoup Alexandra pour la précision :)

  • Jean-Pierre a dit le 30 octobre 2010 à 07:52 :

    Je rejoins tout à fait les avis avis de Jean-Marie Cheron. Il est essentiel de réfléchir à la place qu’ occupent les journalistes dans la société actuelle : http://www.isegoria.org/actualite-societe-politique/le-metier-de-journaliste/

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