Les vacances sont terminées, l’été touche à sa fin. L’événement de la rentrée était le RDV_Media organisé par Infopresse, mercredi 16 septembre au centre Mont-Royal. Plus de 700 professionnels de l’industrie se sont donnés rendez-vous. Dès 9h00, la salle était comble.
Une journée intéressante qui rend compte de la difficulté des medias traditionnels à survivre face à la recrudescence du web et de la téléphonie mobile. Le constat est-il si alarmant qu’on le pense ? Quel est l’avenir des medias face au numérique ? Quelles sont les alternatives possibles ?

Pour la presse écrite, c’est une zone de turbulences qui vient déstabiliser les quotidiens : le Journal de Montréal est en position de lock-out, la Presse et le National Post ont diminué voir arrêter leurs publications durant l’été. Les chiffres en témoignent : baisse de 9 200 lecteurs pour le Journal de Montréal et 10 600 pour The Gazette en 2008, selon le GAM (le guide annuel des medias). Un constat alarmant qui entraîne des mutations économiques et stratégiques : la Presse a repensé son site Cyberpresse.ca, une version électronique de son bulletin papier vient d’être créée ainsi qu’une application pour iPhone et iTouch. Les journaux The Gazette et The Globe and Mail ont aussi lancé une nouvelle version de leur site web.
Les magazines perdent aussi de leur lectorat. Le taux moyen de lecture par magazine a légèrement diminué en 2009, il est de 47,4 minutes pour la presse francophone contre 40 minutes pour les publications anglophones. La presse gratuite se porte un peu mieux, Metro a augmenté de 3,5% le nombre de ses lecteurs.
Les hebdomadaires continuent de grimper des parts de marché, en effet, les recettes publicitaires ont augmenté de 4,7 % entre 2007 et 2008, se chiffrant à 305 millions de $, ils sont parvenus à s’adapter aux réalités du marché en modifiant leur jour de parution.
Mais la situation est plus dramatique aux Etats-Unis puisque plusieurs quotidiens ont déjà mis la clé sous la porte. Quant à la France, les quotidiens ont du mal à survivre, en effet, il en reste aujourd’hui 11 ne diffusant plus que 2 millions d’exemplaires, certaines mesures sont sur le point d’être prises, les sites de presse écrite risquent de devenir payants, une nouvelle qui fait scandale. Goref en parlera dans un prochain billet.

Pour la télévision, la tendance s’oriente vers les chaînes spécialisées qui grappillent des parts de marché. Les chaînes généralistes tendent de sortir leur épingle du jeu, TVA est incontestablement la chaîne la plus regardée avec 29.2 % du marché. Les auditeurs passent en moyenne 33 heures par semaine devant leur poste de télévision avec 52 heures chez les 65 ans et seulement 24 heures chez les 12 et 34 ans.
La télévision s’est mise au numérique, l’écoute des chaînes spécialisées, numériques et payantes est en progression de 1,3% par rapport à 2008, soit 44, 7%. 12 % des québécois regardent leurs émissions de télé sur le web et 75% des grilles de programme de Radio Canada sont disponible sur internet. D’ici quelques années, ce seront 100 millions de foyers dans le monde qui auront internet branché à leur télé.

La radio bénéficie d’un taux d’écoute à la radio à la hausse au Québec, 32 minutes de plus qu’en 2007 avec 1h34 chez les 25-34 ans. A Montréal, les auditeurs anglophones sont 5fois plus nombreux que les francophones. Les audimètres portables ont désormais remplacé les traditionnels. La radio est un media gratuit, capable de s’adapter, les modes de diffusion des stations de radio ont évolué et sont disponibles sur Internet et sur cellulaires.

L’affichage s’est vu augmenté de 8,7% en 2008 ses recettes publicitaires, Astral Media affichage a diversifié sa gamme de produits en proposant des colonnes d’affichage numérique qui offre une plus grande flexibilité. On tend à voir se développer une publicité toujours plus ciblée avec des promotions de marques selon les quartiers.
L’ère est au numérique, tous les medias, pour survivre, doivent être présents sur internet. En effet, les revenus publicitaires sur internet s’élèvent à 1,6 milliards de $, avec une croissance de 29% depuis 2007. La publicité par recherche de mot-clé représente 38% des investissements publicitaires. Les moteurs de recherche sont utilisés par 24 millions de canadiens, une augmentation de 2 millions depuis 2008. Au Québec, 96% des foyers ont accès à Internet à haute vitesse. Les plus actifs sur le web sont les 35-44 ans (19%), suivi de près 45 et 54 ans (17,7%) et des 18-24 ans (12%). Les francophones passent en moyenne 112 minutes sur la toile contre 106,2 pour les anglophones. MSN est le site accueillant le plus de visiteurs au Canada avec en moyenne 695 minutes par mois. Facebook arrive en 2me position avec 336 minutes.
La situation est moins alarmante qu’on le pense, le marché évolue et les mentalités des consommateurs aussi. Chaque media doit faire preuve de créativité pour réussir à surprendre sa clientèle et à fidéliser son auditoire. L’avènement du web permet aux entreprises de repenser son modèle d’affaire afin d’offrir aux consommateurs un service de plus en plus personnalisé.
- Webcom 2009: Les medias ont-ils un avenir mobile?
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- Webcom 2009: la mort du Rocky Mountain News
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chermou a dit le 23 septembre 2009 à 12:40 :
la crise n’epargne personne
Mel a dit le 28 septembre 2009 à 10:32 :
Tres interessant comme billet, desole que j’ai manque cet evenement.
Tork a dit le 28 septembre 2009 à 10:40 :
Oui en France comme partout, la presse écrite souffre particulièrement à cause d’internet. La télé est bouscoulée par les chaînes locales TNT. Je pense qu’il faudra 2 ans pour que cette situation se stabilise ou que l’on invente de nouveaux modèles économiques multicanaux.
Super article merci